Jerry
Lewis n’est pas devenu
célèbre, tu t’en
doutes, grâce à
« Par où t'es rentré
? On t'a pas vu sortir ».
Dans la première moitié
des années 50, à
un John Wayne et un Gary Cooper
près, le duo Dean Martin/Jerry
Lewis était ce qu’il
y avait de plus lucratif à
Hollywood. Il était construit
sur un simple antagonisme de
personnalités, comme
à peu près tous
les autres duos, tels Abbot
& Costello, Laurel &
Hardy ou Hall & Oates (peut-être
pas Hall & Oates).
Dean
Martin était le héros
séducteur aux cheveux
gominés et Jerry Lewis
son faire-valoir gaffeur avec
une insupportable voix de crécelle.
Le duo commis une quinzaine
de films, semi-musicaux, ce
qui ne les rajeunit pas, et
reprenait les thèmes
à succès des comiques
qui les avaient précédés
comme le western, le film de
sport, d’horreur et bien
sûr la comédie
militaire qui est pratiquement
un genre à part entière.
Cependant,
ce « soldat récalcitrant
» n’est pas tel
que tu pourrais l’imaginer.
Il ne s’agit pas du burlesque
à la Lewis comme il le
fera par la suite, avec moult
grimaces et gags lourdingues,
mais plutôt une critique
sans doute acerbe du quotidien
militaire (bureaucratie, règlements).
Adapté
d’une pièce de
théâtre, le film
se déroule presque exclusivement
dans les deux mêmes décors
de bureaux, outre quelques passages
musicaux et un parcours du combattant.
Ici
le sergent Puccinelli (c’est
Martin) veut partir à
la guerre et Korwin (c’est
Lewis) ne veut pas. Ensuite
ça parle beaucoup.
Si
« Le soldat récalcitrant
» est le troisième
film du duo, il est le premier
où il occupe les rôles
principaux. Il en suivra bien
d’autres jusqu’à
implosion à peine six
ans après.
Il n’a pas les grimaces
mais il a le chapeau.