Au
début de ce beau film,
trois lascars se rendent
à Macao (d’où
le titre original) qui était
peut-être le paradis des
mauvais garçons, ce n’est
pas dit :
un marchand d’huile de
coco et de bas en nylon (c’est
William Bendix), le baroudeur
au passé trouble (c’est
Robert Mitchum) et la femme
fatale pour attirer le spectateur
paillard (c’est Jane Russell).
Ils
s’installent tous trois
dans le cabaret d’Halloran,
le pégreleux du coin.
Et si tu anticipes d’ores
et déjà le film
noir exotique comme en fit par
le passé von Sternberg
(sorti du formol pour l’occasion),
avec une Chine de carte postale
complètement fantasmée,
tu seras déçu
par une intrigue criminelle
un peu naze, comme cette interminable
course poursuite en studio sur
les quais de Macao, et des personnages
aux ambitions peu intéressantes
dans un film mal torché.
Hugues,
à la production, s’immisça
trop, comme souvent, et chercha
surtout à mettre en valeur
Jane Russell qui est toujours
rutilante et place deux chansons
dans un film pourtant bien court.
Quant
à Mitchum, dans son habituel
costard trop grand, il ne révèle
pas suffisamment le parcours
qui aurait pu étoffer
son personnage.
Sinon,
on retrouve Gloria Grahame dans
un second rôle de troisième
ordre qui se résume à
vaguement minauder et à
jouer aux dés.
Les trois lascars à Macao.