Si
vous êtes amoureux du
cadrage, vous connaissez sans
doute Anthony Mann, qui avait
justement le sens du plan et
celui-ci se déroulait
généralement sans
accroc, contrairement à
ses scénarios qui valaient
ce qu’ils valaient. On
peut donc légitimement
encenser son sens de la mise
en scène, notamment ici
dans son premier film en costume
: « Le livre noir »
!
Ce livre noir, qui appartient
à Max Robespierre, comprend
la liste des hommes à
guillotiner et est l’objet
de la convoitise de ses comparses
(Fouché), mais surtout
de ses adversaires politiques
(Barras). Ces derniers remplacent
le méchant Duval par
le sympathisant d’Aubigny
afin de mettre la main sur le
livre, aidé en cela par
une femme aussi versatile que
fatale, et sans doute fatale
parce que versatile.
Ensuite
vous avez des plans : penchés,
gros et extrêmes, en plongé,
mais surtout en contre-plongée,
dans un format 4:3 extrêmement
serré, avec des personnages
qui se parlent à cinq
centimètres l’un
de l’autre, des effets
de lumière/obscurité
permanents pratiquement expressionnistes
et des ombres partout, avec
une direction artistique notable
et ici essentielle de William
Cameron Menzies et une photo
itou de John Alton.
Surprenant
dans son traitement en polar
de la révolution française,
absolument pas inspiré
de faits réels, «
Le livre noir » est un
minuscule budget qui dénote
d’une évidente
maîtrise artistique, qui
se perd un peu dans ses courses
poursuites à cheval et
avec un protagoniste assez inconsistant.
Ils devraient se parler de plus
près.