accueil

autres chroniques


Le livre noir

Anthony Mann

- 1949 -



Si vous êtes amoureux du cadrage, vous connaissez sans doute Anthony Mann, qui avait justement le sens du plan et celui-ci se déroulait généralement sans accroc, contrairement à ses scénarios qui valaient ce qu’ils valaient. On peut donc légitimement encenser son sens de la mise en scène, notamment ici dans son premier film en costume : « Le livre noir » !

Ce livre noir, qui appartient à Max Robespierre, comprend la liste des hommes à guillotiner et est l’objet de la convoitise de ses comparses (Fouché), mais surtout de ses adversaires politiques (Barras). Ces derniers remplacent le méchant Duval par le sympathisant d’Aubigny afin de mettre la main sur le livre, aidé en cela par une femme aussi versatile que fatale, et sans doute fatale parce que versatile.

Ensuite vous avez des plans : penchés, gros et extrêmes, en plongé, mais surtout en contre-plongée, dans un format 4:3 extrêmement serré, avec des personnages qui se parlent à cinq centimètres l’un de l’autre, des effets de lumière/obscurité permanents pratiquement expressionnistes et des ombres partout, avec une direction artistique notable et ici essentielle de William Cameron Menzies et une photo itou de John Alton.

Surprenant dans son traitement en polar de la révolution française, absolument pas inspiré de faits réels, « Le livre noir » est un minuscule budget qui dénote d’une évidente maîtrise artistique, qui se perd un peu dans ses courses poursuites à cheval et avec un protagoniste assez inconsistant.




Ils devraient se parler de plus près.