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CHRONiQUES MUSiCALES

AUtRES

Gentil mais
médiocre

Le Corniaud
Gérard Oury (1965)

 

Saroyan (c'est de Funès) est un homme d'affaires gangster qui, avec l'aide de ses congénères, veut faire passer aux Etats-Unis des bijoux, de l'or et de la drogue, le tout caché dans une cadillac. Pour la conduire, Saroyan choisit un ahuri (c'est Bourvil), dont l'honnête figure lui permettra de parcourir sans encombre les 2500km qui séparent Naples de Bordeaux. Vous me rétorquerez qu'il n'y a pas 2500km entre Naples et Bordeaux et vous aurez raison mais c'est ce que dit le film. Bref, l'imbécile va s'avérer moins bête et naïf que prévu et saura déjouer inconsciemment (ou consciemment) tous les pièges qu'il rencontrera, car quelques truands veulent faire capoter l'affaire. "Le corniaud", comme bien d'autres films que tu regardais lorsque tu avais 8 ans, est un chef d'oeuvre, parce que tout le monde le dit, que c'est écrit partout, parce que tu ne te souviens que d'une scène et deux répliques, qu'il fut premier du box office français en 1965 et le premier d'une série de réussites commerciales de Gérard Oury, et parce qu'on y trouve en tête d'affiche deux monstres de la comédie française. Puis vient le jour où tu le regardes de nouveau, vingt-cinq ou trente ans après. Alors tu te rends compte qu'il y a pléthore de scènes prétextes pour montrer de beaux paysages italiens (de Rome ou d'ailleurs), des sous-intrigues sentimentales à la Oury, souvent (toujours ?) insignifiantes, pas mal de remplissage, que tu peines à sourire parce que les gags sont un peu délavés et tu as finalement l'étrange impression d'avoir vu un film médiocre. Pas vilain, évidemment, et même plutôt gentil, mais médiocre.