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Se joue des attentes
de son temps

Lady Nazca
Damien Dorsaz (2025)

 

Maria Reiche se cherche. Bien qu’Allemande elle vit à Lima et ne cesse de recevoir de sa mère des lettres la sommant, et l’assommant, de rejoindre sa germaine patrie afin d’y mener une vie de femme normale des années 30 et de faire, que sais-je, des enfants.

Mais Maria n’en a cure. Alors qu’elle se fait embrigader dans une soirée mondaine par son amie Amy, elle rencontre un archéologue français intrigué par un réseau d’irrigation nazca dans les plaines désertiques. Il recherche une traductrice, Maria est polyglotte, alors elle se joint à ses recherches et découvre les géoglyphes qui la fascinent au-delà de l’entendement.

Et si cet archéologue français s’avère être un imbécile qui dénigre l’intérêt de Maria pour les lignes, elle n’en a de nouveau cure et quitte tout pour balayer les cailloux et faire apparaître les figures.

« Lady Nazca » n’est pas un biopic de Reiche à proprement parler et si tu cherches une réalité là-dedans, tu pourrais bien être déçu. Pas forcément parce que sa peau dresdoise résiste étonnamment bien au désert péruvien, mais parce qu’elle y fait absolument tout, découvre tout et le fait toute seule. Elle n’a besoin de personne et surtout pas des hommes. L’effort et l’obsession qui furent les siens toute sa vie durant pour sauver les géoglyphes de Nazca sont louables, mais ce que montre ce film est en partie faux. Par exemple, tu pourrais t’attendre à voir Paul Kosok, qui a tout de même beaucoup œuvré, mais à la place tu as Paul d’Harcourt (c’est Guillaume Gallienne), qui n’a pas œuvré du tout et qui est un personnage inventé.

Nazca n’est qu’un prétexte pour raconter l’histoire d’une femme qui aurait pu ne pas être Maria Reiche, et qui se joue des attentes de son temps, des normes sociales et du cadre du genre. Elle se libère de façon radicale, trouve la sérénité dans le désert et s’y trouve elle-même. D’ailleurs les vues du désert sont plutôt cool.



Maria balaye les lignes.