Labradford
E
Luxo So
(1999)
Labradford
est un groupe américain
qui fait une musique instrumentale.
Dans celui-là du moins,
car ailleurs, ça chante
(oui, j'en ai écouté
d'autres). Certains appellent
ça du post-rock. (Pourquoi
pas ?) Bien que pour trouver
du rock là-dedans, il
faudrait un chien d'avalanche.
Et, qui a dit post ?
Labradford ignore le rythme.
Le groove est aux abonnés
absents. Les effets sont laissés
aux vestiaires. Le groupe avance
pratiquement à poil.
Minimaliste. Et pour ne pas
faire comme les autres, Labradford
ne donne pas de titres à
ses six plages. A la limite,
ça m'importe peu.
Labradford m'épargne
aussi les notes de pochette.
Tu pourrais me dire que pendant
qu'ils y étaient, ils
auraient pu aussi supprimer
la musique. Eh bien, ils n'en
sont pas loin en fait.
Il y a, de ci de là,
quelques notes de piano jetées
avec parcimonie. Quelques guitares
épuisées branchées
sur 110 volts se mêlent
à des claviers nonchalants,
tout en demi-teinte. On trouve
un peu de cordes plutôt
mélancoliques. Comme
une légère brise
sur une mer d'huile un après-midi
d'été au large
d'une paisible île de
la baie de Naples.
Labradford n'existe pas. Ou
si peu. Parfois une émotion
m'attrape au gré d'une
plage mais l'ensemble est plutôt
figé, même pas
palpable, limite imperceptible.