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Coming of age

La nouvelle de la classe
Nobuhiko Obayashi (1982)

 

Kazumi est une nouvelle élève dans la classe de Kazuo. Ce sont des amis d’enfance qui s’étaient perdus de vus et Kazumi n’a besoin que de cinq minutes pour humilier son camarade. Ils se poursuivent dans les ruelles pentues d’Onomichi (pour promouvoir la ville), font un rouler-bouler dans les escaliers et ni une ni deux ils échangent leur corps.

Des lycéens japonais, des amis d’enfance, du gender swap ? Que veux-tu de plus ? Le récit initiatique ? Il suffisait de demander.

« La nouvelle de la classe » (quel titre !) est une rareté d’Obayashi parmi une filmographie qui est déjà plutôt rare.

Kazuo en fille se rendra compte des interdits et des requis des gonzesses, condamnées au mariage et à la discrétion ; Kazumi en garçon se rendra compte des attentes et des requis des gonzes, condamnés à la virilité et aux bravades. Autant le premier arrive à plier le genre, malgré les reproches, en étant une fille bagarreuse et sans gêne, autant le second, bien plus sujet à moqueries, n’arrive pas à être une femme dans un corps d’homme.

Le roman original pour enfants devient ici un film pour ados sur la conscience du genre, en des temps anciens, 1982, souvenez-vous, où la société japonaise était fortement polarisée (et sans doute l’est-elle toujours), le tout réalisé avec une grande sobriété par le roi de la superposition et du collage.

Passée la découverte du changement, la partie comique "différence des genres" vaut ce qu’elle vaut, mais les 30 dernières minutes sont plus enlevées (et sur du Bach) jusqu’au final qui souligne toujours cette idée propre au "coming of age" japonais qui est que l’adolescence est un moment exceptionnel et irremplaçable. Et le fait est, on ne devient pas une femme (ou un homme) tous les jours.

PS : A noter la performance des deux acteurs principaux qui ont 15 ans comme leur personnage, dans des rôles pas simples.

PS2 : La mère de Kazuo est jouée par l’ineffable Kirin Kiki qui allait sur ses 40 ans et son père par Makoto Sato.



Kazumi et Kazuo (et inversement)