Les
années 40, souvenez-vous, connurent
une brève mode des films de fantômes.
Après le spectre romantique chez
Fleming, mais avant le spectre mélancolique
de Mrs Muir avec Gene Tierney qui était
alors pratiquement la plus belle femme
du monde, il y eut « The uninvited
», en 1944, alias « La falaise
mystérieuse » dans lequel
il y a une falaise qui est, ma foi, fort
mystérieuse.
Au
sommet de celle-ci se trouve une maison
abandonnée achetée pour
quatre sous par un frère et une
sœur, contre l’avis de Stella,
la petite-fille fragile et rêveuse
du propriétaire, car cette maison
est hantée.
Les
nouveaux possédants s’en
rendent compte la nuit tombée puisque
des pleurs les réveillent alors
que la chambre du frère est étrangement
glaciale. Ce dernier a bientôt le
béguin pour Stella, jouée
par Gail Russell, ici dans son premier
rôle majeur, et qui peinait à
faire son boulot, ce qui attira l’ire
de d’aucuns, dont Donald Crisp qui
ne jurait que par le professionnalisme.
Bientôt
Stella, en revenant dans la bâtisse
de ses jeunes années se heurte
à son passé indubitablement
trouble, que les nouveaux propriétaires
tenteront de percer dans un beau noir
et blanc de l’ineffable Charles
Lang.
«
La falaise mystérieuse »
est une enquête gothique et psychologique
d’un autre temps, certes, mais qui
se regarde sans déplaisir pour
peu que tu sois avide d’un bon vieux
trauma familial et d’une relation
maternelle ambiguë avec un fantôme
atmosphérique.
PS
: Le morceau de jazz « Stella by
starlight » a été
composé pour ce film.
Stella a une part d'ombre.