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Critique acerbe

La bande des têtes brûlées
Kihachi Okamoto (1959)

 

En 1944, Araki (c’est l’ineffable Makoto Sato alors dans sa vingtaine) arrive dans un avant-poste japonais qui se trouve environ nulle part sur le front mandchou. Se déclarant journaliste, il recherche un homme, dit-il, ancien camarade de classe. Mais qui est-il ? Pourquoi ? Où va-t-il ?

"La bande des têtes brûlées" alias "Les sentinelles de l’enfer" (les sentinelles de l’enfer ?) est un film d’Okamoto qui ressemble à un film d’Okamoto, reprenant donc au western, dans un lieu sans foi ni loi d’une zone frontalière instable et sauvage de l’ouest (du Japon, donc en Chine), des grands espaces, une vengeance, le duel et des prostituées de bonne composition.

Tu matines le tout d’une critique acerbe de la guerre puisqu’Okamoto éprouva, comme beaucoup, un sentiment de révolte suscité par les horreurs de celle-ci. Sato est moqueur, (faussement) détaché, et fine gâchette et l’enquête met du temps à se dessiner. Les japonais sont des guerriers nonchalants, patriotes mais résignés, victimes de l’absurdité de la guerre. Western oblige, on trouve dans ce film un ennemi simpliste et sans contenance (des Indiens aux Etats-Unis, des Chinois ici) qui affrontera lors d’une scène de tuerie finale l’escouade des crétins indépendants qui donne son titre au film.

Et si Okamoto regretta que sa critique acerbe fût mal comprise, le film eut du succès et engendra quelques suites/clones.

PS : Un autre film est sorti en 1959 avec une position assiégée par l’armée chinoise (mais pendant la guerre de Corée) : "La gloire et la peur" de Lewis Milestone.

PS2 : Toshiro Mifune a le petit rôle du commandant qui a perdu la raison.



Sato est moqueur et faussement détaché.