Au
milieu des années 70, finies
les envolées lyriques progueuses,
le King Crimson de Fripp se lançait
dans une musique que je pourrais
cataloguer de rock émancipé...
D'ailleurs je dis que c'est du
rock émancipé. Et
avec une certaine puissance dans
des ambiances beaucoup plus dramatiques,
sombres et aussi de nouveaux musiciens.
Ce disque, ce sont trois titres
chantés, deux ballades
banales et un autre thème
assez martial un peu agaçant.
Le tout sauvé par de beaux
accords de guitare et un violon
tourmenté.
Il y a aussi trois instrumentaux.
Ils évoluent un peu tous
dans le même schéma
: début assez calme puis
le ton monte progressivement...
Est-ce du rock progressif ? Certains
l'affirment encore aujourd'hui,
moi je dis que c'est... bon, où
étais-je ? Ah oui, on hausse
le ton. Lentement comme si on
voulait aussi créer une
sorte de transe. Du coup, la musique
de King Crimson, ça devient
du rock émancipé
en transe... et avec un peu de
mellotron aussi.
Bref, King Crimson mélange
souvent habilement moments forts
et moments apaisés avec
montées de tensions réussies.
C'est assez puissant avec de belles
envolées au violon, une
guitare astucieuse, des percussions
viriles et malheureusement quelques
courts passages assez énervants
qui lorgnent un peu trop du côté
de la musique prise-de-tronche
du Mahavishnu de McLaughlin de
l'époque.