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Mélodrame de karaté avec une grosse louche de tragédie post-seconde guerre mondiale, de souffrance
et de viols

The killing machine
Norifumi Suzuki (1975)

 

En 1973, Bruce Lee faisait un malheur avec « Opération Dragon », alors la Toei, rompue à l’opportunisme, surfa sur la vague en sortant en 74 « The street fighter » qui eut du succès. Ni une ni deux, l’érotisme était dépassé, il fallait désormais faire du karaté !

Après avoir réalisé quelques grandes œuvres comme « Caresses sous un kimono », « Le Pensionnat des jeunes filles perverses » et bien sûr « Le couvent de la bête sacrée », Suzuki put enfin s’adonner au vrai cinéma avec « Shaolin karate », alias « The killing machine » dont l’accroche était la suivante : « Ce monde est pourri… la loi, c'est des conneries ! Je vais rendre la justice à coups de poing ! »

Ici l’ineffable Sonny Chiba est Doshin So, le créateur d’un art martial nommé shorinji kempo, d’où le titre original du film. En 1945, Doshin So, alors soldat posté en Chine, apprend la capitulation du Japon. Meurtri dans son lui profond et sa fierté nippone, il va se rebeller contre l’autorité, les étrangers méprisants et les profiteurs et couards en tout genre.

Dans le style du documentaire yakuza pourtant en perdition, « The killing machine » est un mélodrame de karaté avec une grosse louche de tragédie post-seconde guerre mondiale, de souffrance et de viols. Alors que d’aucuns vivent dans la pauvreté, le dénuement, la prostitution, la faim, la détresse et l’indigence, So redresse les torts et tord les bras. Et finalement, la moralité de ce beau film est que la force ne devrait jamais être séparée de la compassion. Mazette !

PS : On retrouve Makoto Sato dans le rôle d’un ancien soldat qui, comme tous les personnages de ce film, souffre énormément, mais tente vaille que vaille de surmonter la faiblesse qui est en lui.

Chiba dégomme tous les profiteurs.