Si
ta grande quête est de
voir l’ensemble de l’œuvre
de Kiyoshi Kurosawa, sache que
deux ans après avoir
été l’assistant
réalisateur de l’ineffable
Shinji Somai, il a sorti son
premier long métrage,
à 27 ans :
« Kandagawa pervert wars
» dans le cadre parfaitement
réglé –
mais sans réelles règles
– du roman porno.
Et si tu trouves que regarder
du cinéma érotique
n’est pas digne de toi,
il suffit de l’intellectualiser
en ayant une approche à
la croisée de l'histoire
culturelle, de la sémiotique
des représentations et
de l'anthropologie des sensibilités.
Où le profane discerne
de la nudité, tu observes
des structures discursives.
C’est ce qui sépare
le pervers du chercheur. Et
puisque nous sommes désormais
entre intellectuels, eh bien
Akiko-chan s’envoie en
l’air avec son jules.
Si ce dernier fait du chiffre,
elle s’ennuie.
Un soir, son amie Masami lui
signale que dans l’immeuble
d’en face une mère
et son fils forniquent. Les
deux coquines, qui sont quand
même un peu lesbiennes,
décident de sauver ce
jeune homme assurément
victime de harcèlement
incestueux.
Ouvertement inspiré du
cinéma des années
60 et notamment de la nouvelle-vague
française (le fils esclave
sexuel a par exemple des titres
de films écrits au mur,
dont plusieurs Godard), «
Kandagawa… », du
nom de la rivière qui
sépare les immeubles,
se situe entre le film rose
et ses innombrables paires de
seins et le clin d’œil
fréquent aux cercles
avertis de la cinéphilie
mondiale. Or, ce n’était
pas ce qui était attendu,
comme le firent savoir les mécènes
de Kurosawa. Il eut cependant
une deuxième chance et
put donc se montrer encore plus
indiscipliné.

Il y aussi de la bagarre.