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À la croisée de l'histoire culturelle, de la sémiotique des représentations et de l'anthropologie des sensibilités

Kandagawa pervert wars
Kiyoshi Kurosawa (1983)

 

Si ta grande quête est de voir l’ensemble de l’œuvre de Kiyoshi Kurosawa, sache que deux ans après avoir été l’assistant réalisateur de l’ineffable Shinji Somai, il a sorti son premier long métrage, à 27 ans : « Kandagawa pervert wars » dans le cadre parfaitement réglé – mais sans réelles règles – du roman porno.

Et si tu trouves que regarder du cinéma érotique n’est pas digne de toi, il suffit de l’intellectualiser en ayant une approche à la croisée de l'histoire culturelle, de la sémiotique des représentations et de l'anthropologie des sensibilités. Où le profane discerne de la nudité, tu observes des structures discursives. C’est ce qui sépare le pervers du chercheur. Et puisque nous sommes désormais entre intellectuels, eh bien Akiko-chan s’envoie en l’air avec son jules. Si ce dernier fait du chiffre, elle s’ennuie.

Un soir, son amie Masami lui signale que dans l’immeuble d’en face une mère et son fils forniquent. Les deux coquines, qui sont quand même un peu lesbiennes, décident de sauver ce jeune homme assurément victime de harcèlement incestueux.

Ouvertement inspiré du cinéma des années 60 et notamment de la nouvelle-vague française (le fils esclave sexuel a par exemple des titres de films écrits au mur, dont plusieurs Godard), « Kandagawa… », du nom de la rivière qui sépare les immeubles, se situe entre le film rose et ses innombrables paires de seins et le clin d’œil fréquent aux cercles avertis de la cinéphilie mondiale. Or, ce n’était pas ce qui était attendu, comme le firent savoir les mécènes de Kurosawa. Il eut cependant une deuxième chance et put donc se montrer encore plus indiscipliné.

Il y aussi de la bagarre.