Trois
baroudeurs débarquent
d’un bateau en rade, dans
tous les sens du terme, au large
d’un bled nommé
Puerto Miguel. Alors qu’ils
boivent leur mezcal dans la
cantina, l’ineffable Susan
Hayward surgit et offre 2000
dollars à qui l’aidera
à récupérer
son mari coincé dans
une mine. L’appât
du gain aidant, les trois lascars,
ainsi qu’un mexicain à
sombrero, s’engagent dans
cette entreprise périlleuse.
Assez rapidement, d’ailleurs,
le scénario brandit la
menace apache, mais à
part y laisser des plumes, au
sens strict, et faire un peu
de fumée à l’horizon,
on ne voit pas l’ombre
d’un indien pendant plus
d’une heure, pas même
un mec grimé qui parlerait
sans conjuguer les verbes.
Les pistoleros ont beau se jeter
dans le jardin du diable, il
ne se passe à peu près
rien si ce n’est la chute,
certes tonitruante, d’une
poêle en fonte. Cependant
tu as droit, et c’est
peut-être la raison pour
laquelle tu regardes ce film,
à des échanges
malicieux au tac-au-tac entre
Hooker l’expérimenté
(c’est Gary Cooper) et
Fiske le cinglant (c’est
Richard Widmark) avec son perpétuel
sourire en coin.
Les mecs persiflent sans cesse
dans l’arrière-pays
mexicain, Frank Fenton oblige,
et veulent tour à tour
se sacrifier dans ce film où
tout le monde se sacrifie, notamment
pour la femme fatale, même
si je n’ai pas bien compris
ce qui les séduisait
chez elle. Sans doute aiment-ils
les femmes à poigne.
Le reste du film est peu convaincant,
mis à part quelques plans
en cinémascope et technicolor
avec peintures sur verre.
Cooper et Widmark persiflent
sans doute.