Bien sûr, dans le titre
il y a le mot "Ornette"
qui pourrait rebuter un tantinet
car pouvant faire penser aux débuts
de l’indicible free-jazz
dans les années d'avant
que c'était jadis…
ouais, aussi loin !
Mais bon, Clément Janinet,
un musicien qui joue du violon,
de la mandoline, et des percussions,
a voulu comme faire la synthèse
de la musique de Coleman (le Ornette
précité) avec celle
de... Steve Reich et même
John Adams, des gars qui taquinent
le répétitif contemporain
(ouais !) et dont tu as dû
bien sûr écouté
quelques œuvres un jour où
tu devais t'emmerder grave...
Et
la fusion des deux est parfois
un peu rude et répétitive
avec notamment le premier thème
un peu longuet qui peut interpeller
malgré l’intervention
judicieuse d’un bien venu
sax ténor (Hugues Mayot)
quelque peu coltranien ou colemanien
(c’est comme on veut).
Mais
bon, s’arrêter là
serait une erreur car la suite
est bien plus abordable, du moins
plus "atmosphérique"
(«Quiet night», le
bien nommé notamment) allant
avec «Purple blues»,
entre autres, quelque peu du côté
des meilleures œuvres d’Alice
Coltrane ou Pharoah Sanders (décédé
récemment).
Cet
album est assez statique, introverti
et pas forcément évident
d’entrée mais après
quelques écoutes il sait,
sous cette sorte de tension, proche
de la transe, et dégagé
de ses lourdes influences, nous
faire petit à petit partir
plus loin tout en restant où
on est. C’est sûrement
là sa qualité.