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Pas forcément free

Clément Janinet
Ornette Under The Repetitive Skies III (2022)


Bien sûr, dans le titre il y a le mot "Ornette" qui pourrait rebuter un tantinet car pouvant faire penser aux débuts de l’indicible free-jazz dans les années d'avant que c'était jadis… ouais, aussi loin !

Mais bon, Clément Janinet, un musicien qui joue du violon, de la mandoline, et des percussions, a voulu comme faire la synthèse de la musique de Coleman (le Ornette précité) avec celle de... Steve Reich et même John Adams, des gars qui taquinent le répétitif contemporain (ouais !) et dont tu as dû bien sûr écouté quelques œuvres un jour où tu devais t'emmerder grave...

Et la fusion des deux est parfois un peu rude et répétitive avec notamment le premier thème un peu longuet qui peut interpeller malgré l’intervention judicieuse d’un bien venu sax ténor (Hugues Mayot) quelque peu coltranien ou colemanien (c’est comme on veut).

Mais bon, s’arrêter là serait une erreur car la suite est bien plus abordable, du moins plus "atmosphérique" («Quiet night», le bien nommé notamment) allant avec «Purple blues», entre autres, quelque peu du côté des meilleures œuvres d’Alice Coltrane ou Pharoah Sanders (décédé récemment).

Cet album est assez statique, introverti et pas forcément évident d’entrée mais après quelques écoutes il sait, sous cette sorte de tension, proche de la transe, et dégagé de ses lourdes influences, nous faire petit à petit partir plus loin tout en restant où on est. C’est sûrement là sa qualité.