Dans
le club de cinéma de
son lycée, Hadashi (c’est-à-dire
« pieds nus ») endure
la bluette tournée par
ses camarades. Ceux-ci sont
en admiration devant sa rivale
Karin, réalisatrice,
scénariste et actrice
principale du film dudit club
qui ne peut en produire qu’un
seul (le sien) et le diffuser
lors du festival de fin d’année.
Hadashi,
elle, est fan du Zatoichi original
et de son interprète
Shintaro Katsu. Elle a écrit
un scénario de film de
samurais qu’elle décide
de tourner en parallèle
avec les moyens du bord et une
équipe dépareillée.
Celle-ci
comprend, entre autres, ses
amies Blue Hawaii et Beat-ban
(c’est-à-dire «
planche de natation »
et qui se prononce Bitoban),
également férues
du chambara des années
60, leur camarade de classe
Daddy boy, un ado qui fait plus
vieux que son âge (et
le fait est, le gars a 35 ans)
et l’acteur principal
qu’Hadashi souhaitait
« vulnérable et
beau, avec des yeux tristes
» et qui, trente minutes
durant, refuse de tourner pour
elle. Mais que cache-t-il ?
Dans
l’infinie liste des films
japonais sur l’adolescence,
« It’s a summer
film ! » peut faire légèrement
penser à un Makoto Ueno
puisque coécrit par un
théâtreux et avec
une louche de fantastique, l’hystérie
en moins.
C’est
le récit initiatique
par la création artistique
dans lequel Hadashi (c’est
Marika Ito) deviendra la protagoniste
de sa propre vie, mais qui aurait
pu jouer davantage sur ses seconds
rôles pas inintéressants
avec une nécessité
dramatique un peu faiblarde,
alors que les éléments
étaient là, ce
qui me rend ce film frustrant.
PS
:
Yuumi Kawai lit « La traversée
du temps » de Yasutaka
Tsutsui, adapté, entre
autres, par l’ineffable
Obayashi.
Blue Hawaii, Hadashi et Bitoban
savent apprécier un bon
film de sabre.