retour à la page d'accueil

les autres chroniques


Où la frontière est mince
entre le bien et le mal

L'homme de l'Arizona
Budd Boetticher (1957)

 

Boetticher, comme chacun sait, fit resurgir le Randolph Scott de 58 ans dont la carrière, sans dire qu’elle battait de l’aile, n’était pas à son apogée. Ils tournèrent sept films dont certains composent le cycle Ranown (de RANdolph Scott et Harry Joe BrOWN à la production). Ce sont des westerns sortis dans la deuxième moitié des années 50 avec Scott dans le rôle principal et Boetticher derrière la caméra. Burt Kennedy, souvent au scénario, allait à l’essentiel dans des films peu chers et qui se déroulaient dans deux décors et un arrière-pays aride.

Ici Pat Brennan (c’est Scott) veut acheter des sucres d’orge et un taureau. S’il parvient sans mal à se procurer les premiers, le second le mène à parier son cheval, le perdre et repartir à pied. Sur sa route il est pris en stop par une diligence louée par un salopard et sa femme fraîchement épousée. Ceux-ci sont arrêtés par des bandits qui caressent l’espoir d’échanger la femme contre une rançon.

Comme ce sera le cas dans les autres films du cycle, outre quelques rares seconds rôles barbus et truands fondamentalement mauvais (dont Henry Silva avec son air sadique), chacun a plusieurs visages, car la frontière est mince entre le bien et le mal.

L’ineffable Maureen O’Sullivan joue la femme la plus fade du monde, Scott reste le héros d’une virilité détachée et incroyablement calme pour quelqu’un qui boit du café toutes les cinq minutes et Richard Boone est un truand immoral, mais lucide. Et comme toujours, ça dure 1h15.

PS : Boetticher et Kennedy avaient aussi la particularité de faire des films de vieux, le trio principal ayant ici 48 ans de moyenne. Il faudra bien attendre Karen Steele dans les films suivants pour passer en dessous de 35 ans.



Kidnappé et isolé dans les tréfonds du désert,
Randolph Scott boit du café.