Boetticher,
comme chacun sait, fit resurgir
le Randolph Scott de 58 ans
dont la carrière, sans
dire qu’elle battait de
l’aile, n’était
pas à son apogée.
Ils tournèrent sept films
dont certains composent le cycle
Ranown (de RANdolph Scott et
Harry Joe BrOWN à la
production). Ce sont des westerns
sortis dans la deuxième
moitié des années
50 avec Scott dans le rôle
principal et Boetticher derrière
la caméra. Burt Kennedy,
souvent au scénario,
allait à l’essentiel
dans des films peu chers et
qui se déroulaient dans
deux décors et un arrière-pays
aride.
Ici Pat Brennan (c’est
Scott) veut acheter des sucres
d’orge et un taureau.
S’il parvient sans mal
à se procurer les premiers,
le second le mène à
parier son cheval, le perdre
et repartir à pied. Sur
sa route il est pris en stop
par une diligence louée
par un salopard et sa femme
fraîchement épousée.
Ceux-ci sont arrêtés
par des bandits qui caressent
l’espoir d’échanger
la femme contre une rançon.
Comme ce sera le cas dans les
autres films du cycle, outre
quelques rares seconds rôles
barbus et truands fondamentalement
mauvais (dont Henry Silva avec
son air sadique), chacun a plusieurs
visages, car la frontière
est mince entre le bien et le
mal.
L’ineffable
Maureen O’Sullivan joue
la femme la plus fade du monde,
Scott reste le héros
d’une virilité
détachée et incroyablement
calme pour quelqu’un qui
boit du café toutes les
cinq minutes et Richard Boone
est un truand immoral, mais
lucide. Et comme toujours, ça
dure 1h15.
PS
: Boetticher
et Kennedy avaient aussi la
particularité de faire
des films de vieux, le trio
principal ayant ici 48 ans de
moyenne. Il faudra bien attendre
Karen Steele dans les films
suivants pour passer en dessous
de 35 ans.
Kidnappé et isolé
dans les tréfonds du
désert,
Randolph Scott boit du café.