Herbie
Hancock
Secrets
(1976)
En ces temps lointains, Herbie
Hancock, ex-pianiste de jazz
(avant de redevenir bien plus
tard, néo-pianiste),
était dans sa période
je-funke-à-tout-crin-avec-mes-chiées-de-claviers,
avec en bonus la coupe afro,
la barbichette et les rouflaquettes.
Après avoir débuté
en solo dans le jazz-rock (rock,
c'est vite dit...) funky avec
ses coupeurs de têtes,
et vu que ça marchait
assez, Hancock enfonça
le clou en proposant une grande
série d'albums hypnotiques
de funk froid à déguster
à l'époque car
non garanti conservable et peu
apte à passer allègrement
les décennies. Manque
de peau, nous sommes en 2025.
Celui-ci, plutôt mal nommé,
n'a pas résisté
au temps, c'est sûr, même
si ça ne commence pas
trop mal avec "Doin'it",
petit thème répétitif
accrocheur et entraînant
avec basse captivante (Paul
Jackson) et guitare rythmique
joyeuse (Wha Wha Watson). Mais
le laborieux Herbie, se sentant
l'âme d'un créateur
et emporté par l'enthousiasme
de ceux qui découvrent,
s'amuse à venir greffer
sur ses titres des petits bruits
incongrus et des solos quelconques
où ça couine à
qui mieux mieux avec des instruments
qu'il vient de découvrir
dans le parfait manuel du petit
jazz-rockeur. Soit des Rhodes
electric piano, Yamaha electric
grand piano, ARP Odyssey, ARP
string ensemble, Hohner D6 clavinet,
Moog, Oberheim polyphonic synthesizer
et même Echopex ! Oui
tout ça.
Et tout au long de l'album,
Hancock se déchaîne
en volant la vedette à
quelques spécialistes
du jazz funky de l'époque
comme Bernie Maupin, pourtant
venu avec une palanquée
de saxes et le guitariste Ray
Parker. Pas des plus mauvais.
Quelques titres surnagent à
peine comme "Spider"
ou "Cantelope island".
D'autres s'éloignent
un peu du propos initial. Ce
sont "Swamp rat" et
"Sansho Shima" où
Hancock essaie de sonner un
peu comme Joe Zawinul du Weather
Report (première époque).
Sans convaincre et dans le ringardisme
ultime.
Quant aux autre titres, ils
sont très mauvais.
Décidemment, que c'est
laid le jazz-rock des années
70 !