En
1935, souvenez-vous, sortait
« Les trois lanciers du
Bengale », son Inde imaginaire
et son colonialisme romancé,
qui eut un grand succès,
notamment en Angleterre, et
entraîna moult suiveurs
qui tentèrent l’aventure
de l’impérialisme
britannique. Parmi eux, «
Gunga Din », richement
adapté du poème
de Kipling et qui a la particularité
d’avoir comme titre le
nom d’un personnage à
peine secondaire jusqu’à
sa conclusion.
Ici un trio de bagarreurs indisciplinés,
joué par un trio d’ineffables,
est envoyé à Tantrapur
pour y réparer le télégraphe
alors que s’y joue une
violente rébellion menée
par une secte adoratrice de
Kali sous la coupe d’Eduardo
Ciannelli peinturluré
en gourou.
Ce
trio de bagarreurs est formé
du bourru autoritaire (c’est
Victor McLaglen), de l’aventurier
farfelu (c’est Cary Grant
qui cabotine un max) et du bellâtre
raisonnable (c’est Douglas
Fairbanks fils), ce dernier
ouvrant la voie à une
légère romance
avec Joan Fontaine qui tourne
cependant court puisque son
personnage est un soldat et
un homme avant tout.Or,
les hommes préfèrent
la bagarre à l’achat
de rideaux.
«
Gunga Din » est une comédie
d’aventure avec des scènes
humoristiques longuettes et
passables qui fonctionnent plutôt
bien si tu es né en 1925
et les trois lascars trompe-la-mort
se plaisent à se chamailler
et à affrontent d’innombrables
fanatiques lors de séquences
d’action foutraques.
Finalement,
« Gunga Din » a
des allures de film pour enfants
où on t’explique
en substance que les natifs
sont des misérables mis
au pas par une invincible armada
de branquignols.
Cary Grant dans son premier
rôle sensible.