pour retourner à la page d'accueil

les autres chroniques


Un moment exaltant

Le néo-prog
Jean-René Grelinette (2024)

 


En ces temps de disette musicale on est gâté question littérature. En effet, après Les cent un disques qui n’ont pas changé grand-chose de Raoul Sifon, Les cinq cent un disques de musette, saucisses et gros rouge de Maurice Picrate et L'anthologie du rap, casquettes, survêts et gros cons de MC. Grolar, voici maintenant un bouquin sur le rock progressif.

- Encore ! me dirais-tu.

Eh bien, tu aurais tort car il s'agit ici de néo-prog, genre musical majeur dont, autant que je sache, il n'a jamais été écrit le moindre bouquin et dont le guitariste du groupe de néo-prog Pain Of Mellotron a affirmé, même s'il faut reconnaître qu'il est sourd comme un pot : « Le néo-prog donne une âme à nos coeurs, des ailes à la pensée, un essor à l'imagination ou peut-être même le contraire. »

Jean-René Grelinette est un très compétent critique musical spécialiste du rock progressif. Il collabore entre autres au site internet Philéas Prog et à la revue mensuelle Mellotron Mayonnaise. On lui doit aussi des bouquins comme le très érudit Le rock progressif, c'est pas que de la merde ! et une sorte d’auto-biographie musicale nommée Je suis progueux mais je me soigne !

Dans ce bouquin de 13 pages, mais, bon, c'est écrit hyper petit, Jean-René Grelinette part de la création officielle du néo-prog, soit le 6 avril 1983 (le lendemain Frank Ribéry venait au monde) jusqu’à sa triste fin le 11 août 1999 quand la station spatiale Mir s’écrasa sur le Spirit of 83 téléguidée par un certain Paco Rabanne, un horrible personnage qui détestait le néo-prog.

Ensuite, Grelinette insiste sur le rôle primordial du néo-prog qui consiste non pas à apporter un peu de rêve ou de bien être à tous les mélomanes avertis du monde entier mais avant tout à empêcher le progueux qui s’étiole de sombrer dans la neurasthénie la plus complète. T’as déjà vu un progueux sans son disque de néo-prog ? Eh bien, crois-moi, c’est pas beau à voir, pire que Marilyn Manson ayant égaré son pot de peinture.

Après, l’auteur arrive au gros morceau du livre, à savoir la discothèque idéale du néo-prog. Et il y a énormément de disques à retenir, soit trois. Il les analyse, décortique, détaille, dissèque, examine, explore, fouille, scrute... (ouais, là, je viens de recevoir mon dico des synonymes, c’est super).

Mais je ne te nommerai pas ces trois chefs-d‘œuvre. Si tu veux les connaître, cours dare-dare acheter ce très exhaustif bouquin où Grelinette termine par ces mots : «Le néo-prog restera à jamais comme un des moments les plus exaltants de la musique moderne.» C'est ce que je me disais justement hier alors qu’afin de mieux m’imprégner du sujet j’accompagnais l’écriture de cette chronique de l’écoute d’un album du groupe Pendragon.