Jean
Giono
L'iris
De Suse (1970)
"L'iris
de Suse" est le dernier bouquin
de Giono sorti de son vivant (il
y en aura d’autres posthumes
mais d’un niveau nettement
inférieur (des nouvelles)).
Et
Giono, lui-même, nous dit
dans la préface que l’iris
de Suse n’est pas une fleur
mais un os minuscule situé
dans le crâne d’un
oiseau !
On n’est pas plus avancé...
En
fait cet os n’est pas visible
mais il cache plein de... trésors.
Et dans ce livre il s’agirait
en quelque sorte de développer
l’idée très
"gionesque" qu’il
ne sert à rien de courir
après les richesses matérielles
qui ne durent qu’un temps
et plutôt se laisser gagner
par ce qui n’est pas forcément
visible mais apporte plus et permet
de connaître la réelle
valeur des choses et ainsi on
finit par trouver sa vraie place
en ce bas monde...
Ouais, bon, je veux bien.
Du
coup, comme le disait Giono (pas
à moi, je ne l’ai
pas connu) : "C’est
au moment où il n’a
plus rien que Le Tringlot (le
"héros" de ce
livre) a le plus". En abandonnant
les ors volés dans la plaine
médiocre et vulgaire pour
venir à en aide à
une femme sans rien, là-haut
où tout est pur (ou presque),
il se réalise en quelques
sorte par... l’amour.
Bref, tout ceci mis à part,
ce livre est, d’un point
de vue purement littéraire,
excellent (surtout la première
partie très agréable
où Tringlot monte à
l’alpage), un peu moins
par la suite (avec le passage
chez le guérisseur) et
Giono alors au sommet de son art
maîtrisait l’écriture
pas loin de la perfection avant
de mourir peu après, à
75 ans à peine alors qu’il
aurait pu encore écrire
plein de belles choses et ce fut
un événement d’autant
plus tragique quand on sait que
Picasso vécut jusqu’à
91 ans.
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