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CHRONiQUES MUSiCALES

AUtRES

Du prog culte

Gentle Giant
Three Friends (1972)

 

Moi je te dis : si tu veux être un progueux de chez progueux, tu te dois de posséder un album du gentil géant dans ta discothèque car Gentle Giant à l'instar du générateur de Van Der Graaf est le fin du fin du groupe culte du prog de chez prog.

Bien sûr le fan (j'en connais un) te dira que le nec plus ultra du groupe est "Octopus". Eh bien moi, j’écoute "Three friends" car je préfère la pochette et en plus c’est le seul que j’ai trouvé dans ma titanesque discothèque.

Bon, Gentle Giant c’est quoi donc que c’est ? Etait-ce vraiment du Genesis ? Fut-ce quelque part du Yes ? Du Van Der Graaf ?

Eh bien, c’est un peu de tout ça à la fois, en moins exubérant, plus subtil, plus fin, plus kitsch et plus ringard aussi (non, les deux mots ne veulent pas dire la même chose).

Bref, Gentle Giant c’est un peu compliqué mais ce n'est pas forcément un gage de grande qualité car faire compliqué est peut-être plus fastoche que de faire simple. Et quand tu écoutes le gentil géant tu as l’impression d‘un coup que tu viens d’avoir vingt ans aux débuts des années 70 alors que tu as à peine 19 ans en 2025 car le lecteur d’effet larsen est jeune, les statistiques le prouvent.

Au début tu as un truc avec un son, disons, d’avant. Ca s’appelle "Prologue". C’est alambiqué, sans plus. C’est sympa et il faut quand même un peu s’habituer au son.

Ensuite tu as "Schooldays" avec plein de voix qu’on dirait un peu de Camel et beaucoup Wyatt dont je te signale qu’il est bon de le prendre pour un génie qu’on soit progueux ou pas, c’est bizarre mais c’est ainsi.

"Schoodays", c'est original mais ça date un peu et comme ça dure plus de sept minutes un rien trop recherchées à mon goût, j'ai vite du mal.

"Working all day" et "Peel the pain" jusqu'au dernier titre sont dans la même veine qu'on dirait écouter le même titre avec un peu d’orgue tendance (enfin, je veux dire de l’époque), quelques envolées guitaristiques en rab, un petit côté guilleret, un travail un peu trop méticuleux et les éternels vocaux parfois un peu chiants et pas loin de Caravan mais c’est tout ce que Gentle Giant a de commun avec ce groupe qui faisait aussi – il est bon de le savoir - du prog.

Qu’a–t-il manqué aux gars de Gentle Giant pour devenir comme Yes et Genesis et finir par proposer de la merde ?

Eh bien, un rien de complaisance, de l’accessibilité, le petit truc pour composer des mélodies qui tuent et un sens très poussé du commun.

Du coup Gentle Giant est devenu culte et reste typé prog. Il est donc à réserver en exclusivité aux mordus du genre.