Moi
je te dis : si tu veux être
un progueux de chez progueux,
tu te dois de posséder
un album du gentil géant
dans ta discothèque car
Gentle Giant à l'instar
du générateur
de Van Der Graaf est le fin
du fin du groupe culte du prog
de chez prog.
Bien
sûr le fan (j'en connais
un) te dira que le nec plus
ultra du groupe est "Octopus".
Eh bien moi, j’écoute
"Three friends" car
je préfère la
pochette et en plus c’est
le seul que j’ai trouvé
dans ma titanesque discothèque.
Bon, Gentle Giant c’est
quoi donc que c’est ?
Etait-ce vraiment du Genesis
? Fut-ce quelque part du Yes
? Du Van Der Graaf ?
Eh bien, c’est un peu
de tout ça à la
fois, en moins exubérant,
plus subtil, plus fin, plus
kitsch et plus ringard aussi
(non, les deux mots ne veulent
pas dire la même chose).
Bref, Gentle Giant c’est
un peu compliqué mais
ce n'est pas forcément
un gage de grande qualité
car faire compliqué est
peut-être plus fastoche
que de faire simple. Et quand
tu écoutes le gentil
géant tu as l’impression
d‘un coup que tu viens
d’avoir vingt ans aux
débuts des années
70 alors que tu as à
peine 19 ans en 2025 car le
lecteur d’effet larsen
est jeune, les statistiques
le prouvent.
Au début tu as un truc
avec un son, disons, d’avant.
Ca s’appelle "Prologue".
C’est alambiqué,
sans plus. C’est sympa
et il faut quand même
un peu s’habituer au son.
Ensuite tu as "Schooldays"
avec plein de voix qu’on
dirait un peu de Camel et beaucoup
Wyatt dont je te signale qu’il
est bon de le prendre pour un
génie qu’on soit
progueux ou pas, c’est
bizarre mais c’est ainsi.
"Schoodays", c'est
original mais ça date
un peu et comme ça dure
plus de sept minutes un rien
trop recherchées à
mon goût, j'ai vite du
mal.
"Working all day"
et "Peel the pain"
jusqu'au dernier titre sont
dans la même veine qu'on
dirait écouter le même
titre avec un peu d’orgue
tendance (enfin, je veux dire
de l’époque), quelques
envolées guitaristiques
en rab, un petit côté
guilleret, un travail un peu
trop méticuleux et les
éternels vocaux parfois
un peu chiants et pas loin de
Caravan mais c’est tout
ce que Gentle Giant a de commun
avec ce groupe qui faisait aussi
– il est bon de le savoir
- du prog.
Qu’a–t-il manqué
aux gars de Gentle Giant pour
devenir comme Yes et Genesis
et finir par proposer de la
merde ?
Eh bien, un rien de complaisance,
de l’accessibilité,
le petit truc pour composer
des mélodies qui tuent
et un sens très poussé
du commun.
Du coup Gentle Giant est devenu
culte et reste typé prog.
Il est donc à réserver
en exclusivité aux mordus
du genre.