Avant de partir avec sa gratte
au paradis des guitar-heros,
Gallagher nous offrit au début
des années 90 cette dernière
oeuvre bourrée jusqu'à
la gueule de blues et de boogie.
"Fresh evidence" est
un album qui a une âme.
Aucun artifice. C'est pur. Net
et sans bavures.
Gallagher va à l'essentiel.
Il joue sa musique. Celle qu'il
aime. Pas d'expérimentations
ou de bidouillages. Aucune complaisance.
Pourquoi faire ?
Sa musique, elle ne vient pas
de là, elle est le blues.
Et sa guitare, c'est une autre
partie de lui-même. Brillant
de mille éclats. Virile
et inspirée. Bluesy en
diable. Sensuelle et prenante.
Trop sous-estimé et donc
méconnu, Gallagher est
resté assez underground
alors que quelques blues-rockers
de superette ont décroché
le jack-pot. Sans doute ce bon
Rory n'a pas voulu se laisser
aller à quelques compromissions.
Il donnait, généreux
et sincère. Moi, je prends.
Dans cet ultime album, Rory
Gallagher nous emporte avec
sa guitare magique et sa voix
authentique. Alors on est pris
de mouvements incontrôlables
et on a des frissons partout.
Il y a bien quelques passages
un peu dispensables, un instrumental
faisant remplissable et des
cuivres dont on aurait pu se
passer. Mais la majorité
de l'album est imparable, à
la fois sobre et évident,
intemporel car hors des modes
bien sûr et bourré
de feeling.