Au
début des seventies,
Léo Ferré enregistre
cet album avec Zoo - groupe
français dans le style
des Chicago et autre Blood Sweat
& Tears avec cuivres à
gogo - groupe de rock... ou
plutôt de "pop"
comme ça se disait à
l'époque.
On y trouve aussi deux superbes
titres sans les Zoo ("Ton
style" et "Tu ne dis
jamais rien").
Les pop c'est la musique au
printemps des guitares, c'est
l'électricité
qui gratte et qui se marre chantait
alors Ferré. De l'électricité
il n'en manque pas dans cet
album donc. Elle démange
même. Les cuivres ne sont
pas trop envahissants. Ils claquent.
Il y a même des solos
de guitares. Comme je te le
dis. Et Ferré, il se
marre. Mais, attention, cet
album n'est pas un album de
rock. Cela reste du Ferré
et les Zoo évoluent ici
seulement comme accompagnateurs.
Personnellement, j'aurais aimé
un peu plus de folie rockandrollienne
de la part du groupe Zoo. En
effet c'est plutôt regrettable
étant donné l'énergie
et le brio dont fait preuve
Ferré dans cet album.
Et le côté ramassé,
un rien rageur, plus "terre
à terre" de l'accompagnement
ne donne pas l'ampleur que procure
habituellement un orchestre
symphonique aux mots de Ferré.
Ferré y parle de la solitude,
de l'état d'esprit des
jeunes de cette époque,
de la libération sexuelle,
de la politique. Mais sans prétention
ni démagogie. Avec justesse
et talent. Une certaine pêche
aussi.
Dommage que le son général
de l'album a un peu vieilli.