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CHRONiQUES MUSiCALES

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La lucidité se tient
dans mon froc...

Léo Ferré
La Solitude (1971)

 

Au début des seventies, Léo Ferré enregistre cet album avec Zoo - groupe français dans le style des Chicago et autre Blood Sweat & Tears avec cuivres à gogo - groupe de rock... ou plutôt de "pop" comme ça se disait à l'époque.

On y trouve aussi deux superbes titres sans les Zoo ("Ton style" et "Tu ne dis jamais rien").

Les pop c'est la musique au printemps des guitares, c'est l'électricité qui gratte et qui se marre chantait alors Ferré. De l'électricité il n'en manque pas dans cet album donc. Elle démange même. Les cuivres ne sont pas trop envahissants. Ils claquent. Il y a même des solos de guitares. Comme je te le dis. Et Ferré, il se marre. Mais, attention, cet album n'est pas un album de rock. Cela reste du Ferré et les Zoo évoluent ici seulement comme accompagnateurs.

Personnellement, j'aurais aimé un peu plus de folie rockandrollienne de la part du groupe Zoo. En effet c'est plutôt regrettable étant donné l'énergie et le brio dont fait preuve Ferré dans cet album. Et le côté ramassé, un rien rageur, plus "terre à terre" de l'accompagnement ne donne pas l'ampleur que procure habituellement un orchestre symphonique aux mots de Ferré.

Ferré y parle de la solitude, de l'état d'esprit des jeunes de cette époque, de la libération sexuelle, de la politique. Mais sans prétention ni démagogie. Avec justesse et talent. Une certaine pêche aussi.

Dommage que le son général de l'album a un peu vieilli.