Gil Evans, arrangeur et chef
d'orchestre de jazz, n'était
pas un intégriste. Un
jour il avait ouvert ses oreilles
au rock qui - contrairement
à ce que pensent certains
amateurs de jazz et aussi quelques
musiciens -, n'est pas forcément
que de la merde.
Et
donc, pour se renouveler et
ne pas devenir un fonctionnaire
du jazz, il avait laissé
sa musique fleurter avec les
rythmes binaires du rock et
ce cd en subit l'influence.
Le titre '"Anita's dance"
débute cet album enregistré
live à New York en 1980.
Après une longue intervention
solo d'un piano électrique
proche d'un Corea façon
Return To Forever, arrivent
des cuivres chaleureux avant
que brille une trompette éclatante
sur un foisonnement de percussions.
Intéressant mais un peu
trop long.
On trouve aussi deux superbes
blues ("Jelly rolls"
et "Variations on the misery"),
passages majeurs de ce live,
qui ne sont pas traîtés
de la façon habituelle.
Batterie omniprésente,
claviers façon jazz-rock,
cuivres graves et solo déchirant
d'un saxophone émouvant.
A la fin de l'album Evans propose
un titre d'Hendrix bien sûr.
C'est "Up from the skies"
que j'aurais préféré
moins sage et plus long avec
quelques solos. C'est dommage
quand on connaît la qualité
des intervenants.
Sans posséder la richesse
et la profusion des enregistrements
studio et malgré "Alyrio"
et "Gone, gone, gone",
délires free un ton en
dessous, cet album a bien tenu
le coup et reste souvent intéressant.