Au
sommet de la Toei, Okada, qui
avait le flair commercial, aimait
scruter ce qui marchait ailleurs,
notamment aux Etats-Unis, pour
le copier afin d’avoir
sa part de tous les gâteaux.
En 1975, « Bullet train
» était la réponse
à la vague des films
catastrophes puis les «
Dents de la mer » orientèrent
Okada vers les effets spéciaux,
ce qui aboutit au projet de
raie manta venue de l’espace,
jusqu’au succès
de « Star wars »
en 1977.
Alors
que le rival de la Toho sortait
à la hâte «The
war in space » à
la fin de l’année,
Toei transforma la raie manta
cosmique en « Les évadés
de l'espace », également
sorti à la hâte
en avril 78, avant que «
Star wars » ne soit officiellement
distribué au Japon.
Si
tu aimes les grands créateurs
qui mettent leur vie en jeu
pour leur art, tu repasseras
puisqu’il n’est
ici question que de profiter
de la tendance pour se faire
de l’argent de poche,
ce qu’Okada ne cacha pas.
Bref,
attaqués par l’empire
Gavanas, les habitants de la
planète Jillucia prient
leur dieu de leur venir en aide.
Celui-ci leur envoie huit noix
qui, dispersées dans
l’univers, révèleront
les huit guerriers qui viendront
les sauver. Ce sont des ahuris
bigarrés qui mettront
du temps à se décider
à affronter des méchants
burlesques fringués comme
des caramentrans.
Le
reste est une suite de séquences
sans queue ni tête avec
des effets spéciaux primitifs
et des dialogues anodins, un
surjeu permanent et quelques
plans, quelques scènes
et quelques musiques directement
reprises de « Star wars
». Il va sans dire que,
le cours des choses étant
immuable, ce film vieillot,
exotique et barré est
aujourd’hui culte.
PS
: Ce film eut une suite en série
télé cette même
année 1978, avec également
Hiroyuki Sanada. Il s’agissait,
en France, de « San ku
kaï ».
PS2
: Outre « Star wars »,
ce film est (librement) adapté
de la « Chronique des
huit chiens » de Kyokutei
Bakin que Fukasaku réadaptera
dans « La Légende
des huit samouraïs »
cinq ans après, de nouveau
avec le même trio Sanada/Chiba/Shihomi.
Le Japan action club dans son
premier rôle sensible.