ACCUEiL

DiSQUES

CHRONiQUES MUSiCALES

AUtRES

Lent, lancinant et
toujours digne

Eureka
Shinji Aoyama (2000)

 

Un bus est pris en otage. Seuls un frère et sa sœur ainsi que le chauffeur survivent. La reconstruction n’est pas simple pour l’adulte et encore moins pour les enfants qui se retrouvent sans voix, au sens premier, et livrés à eux-mêmes.

« Eureka » est un film aux couleurs désaturées, disons en sépia, de 3h37, sur la blessure psychique des trois, eux se terrent et lui fuit jusqu’à se retrouver et s’en aller briser l’isolement et s’affronter eux-mêmes.

Ici Aoyama te jette de la mise en scène en pâture. Le visuel est riche (tout en étant sobre) avec une succession sans fin de choix de mises en scène, de profondeur de champ, de plans et de cadrages, c'est lent, lancinant et toujours digne.

Le deuil est compliqué et la peur constante à laquelle s’ajoute le sentiment de vide et les symptômes dépressifs, certes, mais avec dignité.

Bien sûr, le style trauma/tranche de vie où aucun élément scénaristique ne vient sous tendre la détresse psychologique peut te désarçonner, surtout sur 3h37, la distanciation créée par la mise en scène pouvant renvoyer l'émotion au second plan, mais sa forme te maintient.

On peut reprocher des choses à Eureka,
mais pas sa cinématographie.