En
boucle
Junta Yamaguchi (2023)
Mikoto
travaille dans une auberge traditionnelle
près de Kyoto, en l’occurrence
Kibune Fujiya, à 400
euros la nuit, hors saison,
lorsque les villes se fanent
dans les brouillards salés.
Outre le personnel, cette auberge
accueille quelques rares clients
qui se mettent soudain à
revivre les deux mêmes
minutes en boucle. Si la situation
recommence à l’identique
toutes les deux minutes, les
personnages conservent le souvenir
des boucles précédentes
et d’aucuns tenteront
de s’en dépêtrer
avec une perspicacité
parfois peu évidente,
Makoto Ueda oblige, puisqu’il
donne dans le loufoque plus
que dans la hard SF.
Parce que vous connaissez peut-être
le gars Ueda qui en fit d’autres
par le passé, vous savez
qu’il est un homme de
théâtre qui aime
se jouer du temps avec toujours
un petit côté débile/hystérique.
Le film se déroule donc
dans pratiquement un lieu unique
(le ryokan, dans un décor
quand même exceptionnel
et infiniment japonais) et Ueda
convie ici pléthore de
comédiens de sa compagnie
de théâtre Europe
Kikaku et Yamaguchi à
la réalisation, lui-même
qui fit "Beyond the infinite
two minutes" trois ans
auparavant, avec déjà
le truc des deux minutes.
Comme dans son film précédent,
il joue le plan séquence,
en l’occurrence un par
boucle. Le film étant
composé d’environ
30 boucles de 2 minutes, il
comprend donc 30 plans séquences
de 2 minutes. Evidemment, je
ne peux parfois pas m’empêcher
de regretter que ce soit n’importe
quoi, mais pour peu que tu sois
d’humeur badine, ça
a le mérite de l’inventivité.
PS
: Du titre original, "Rivière,
ne t'écoule pas",
l’anglais a gardé
"River" et le français
a choisi "En boucle"
, comme ça tu comprends
qu’il y a des boucles.

Ils sont hystériques.