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L'île déserte

Atom Death Mother
Eddy Waters (2024)

 

 

Dans la série des disques que j'emporterais sur une île déserte avec une super nana quand même voici aujourd'hui "Atom Death Mother" qui est le meilleur album qu'il m'a été donné d'écouter la semaine dernière et plus précisément de lundi à vendredi (le week-end, je vais chez ma grand-mère en Lozère). Et c'est une oeuvre tellement époustouflante que j'ai bien du mal à en écrire quelque chose. Du coup, ne reculant devant aucun sacrifice, je suis allé interviewer un certain beau et sémillant Eddy Waters à qui l'on doit cet album fort étonnant.


- Eddy Waters, c'est votre vrai nom... euh... Eddy ?
- Bien sûr que non. En vérité je m'appelle Jean-Yves Serfouette. Et c'est sûr qu'avec un nom pareil j'avais aucune crédibilité pour me lancer dans le monde impitoyable du rock où si t'as pas un nom anglais tu vends même pas trois disques dans ton lotissement.
- Mais pourquoi "Eddy" ? Est-ce en souvenir de Merckx, le seul gars capable de gagner en même temps le Tour, le Giro et même Paris-Camembert ?
- Tu te gourres ! C'est seulement en hommage au célèbre chanteur ardéchois, le génial Eddy Mitchell, l'inoubliable auteur de "Sur la route d'Aubenas". Je t'en chante un petit passage ?
- Je sais pas si c'est une bonne idée.

J'écoutais le disc-jockey
Dans la voiture qui me traînait
Sur la route d'Aubenas,
Sur la route de Aubenas.

Et la radio me vantait
Un truc débile qui m'endormait,
Sur la route d'Aubenas,
Sur la route d'Aubenas.

- Ca ne donne pas envie d'y aller.
- Hein ?
- Et Waters, est-ce un petit clin d'oeil au bluesman célèbre créateur de "I'm so sad cause I lost my mobylette" ?
- Pas du tout ! C'est un hommage plutôt vibrant à Roger Waters, le plus grand chanteur de charme de ces cinquante dernières années et peut-être plus, j'ai pas compté.
- Ah bon ?
- Oui, même que chez moi j'ai tous ses disques de "Radio Kaos" jusqu'à "Roger's Jingle Bells" son célèbre album de reprises de chansons de Noël. Chaque année je l'écoute sous le sapin en versant une larme.
- Arrêtez-moi si je me trompe, mais justement, votre CD, c'est pas un clin d'oeil à un album du groupe de Roger Waters nommé Pink Floyd avec cette vache sur la pochette ?
- Sûrement ! Et en fait c'est un reprise complète de l'album de Pink Floyd nommé "Atom Heart Mother".
- Et pourquoi reprendre cet album au lieu de reprendre de la choucroute ? Hein ?
- Eh bien tout simplement parce que la choucroute j'ai horreur de ça, moi mon truc c'est la daube.
- Vous avez tout fait dans votre disque ?
- Oui, je joue de la batterie que m'a prêtée mon cousin car son groupe de metalcore Biscuit For My Colombine n'existe plus.
- Vous jouez de quoi d'autre ?
- De la gratte que j'ai achetée d'occase à l'ancien guitariste du groupe punk The Sex Marioles, je joue aussi quatre notes du pipeau que m'a prêté ma petite soeur dans le final du long titre de 27 minutes et je me sers moi même la bière.
- D'après la pochette d'aucuns auraient pu penser que vous trouvez la musique de Pink Floyd assez chiante, non ?
- Pas du tout ! Pink Floyd c'est un truc hyper puissant avec des fois des concepts assez géniaux tous inventés par Roger Waters, il est trop fort ce mec ! Je t'en explique un en deux mots ?
- Si vous voulez mais pas plus.
- Eh bien, y'a un gus qui est derrière un mur. En fait on sait pas pourquoi, c'est là le charme des concepts.
- Et alors ?
- Alors, il veut passer de l'autre côté, pardi. C'est l'allégorie du gars qui veut aller toujours plus loin. Avancer, encore avancer. Comme moi avec ma musique.
- C'est fascinant.
- Oui, et en plus, Pink Floyd c'est aussi de super pochettes. Même que moi, depuis des années je regarde celle de "Meddle" et je me demande toujours ce que ça représente. Comme quoi, Pink Floyd, ça peut aussi faire passer le temps.
- Je suppose que vous n'avez pas copié le groupe ?
- En fait, j'ai changé les paroles des chansons, je les trouvais un peu nazes.
- Ah bon ?
- Oui et puis je me suis permis de changer les musiques aussi pendant que j'y étais. Faut bien reconnaître qu'elles étaient quand même un peu soporifiques. Du coup ça a une sacrée pêche que n'avait pas le disque de Pink Floyd qui est un truc tout juste bon à aider un vieux progueux à faire sa sieste.
- Justement Pink Floyd c'était du prog, que dire de votre musique ?
- C'est un peu prog vu que ça peut prendre la tronche par moments mais c'est aussi punk car bourré d'énergie jusqu'à la gueule.
- C'est du punk-prog alors ?
- Oui mais c'est totalement death parce que plein de sombrission...
- De "sombritude", vous voulez dire ?
- Oui, c'est ça car mon CD c'est un rien dark quand même parce que cet album c'est pas un truc pour les gus fragiles des esgourdes, c'est parfois angoissant, même que j'ai un pote blackmetalleux à qui j'ai vendu mon disque...
- Ah bon ?
- Ouais, j'allais pas lui prêter quand même, eh bien il a été tout bouleversé, non pas par le prix mais par la puissance de ma musique.
- Pas possible ?
- Tellement qu'après l'écoute, le soir même, il est allé brûlé deux églises, je crois.
- Ca fait beaucoup.
- T'as raison, un peu trop peut-être.
- Bon, merci et bonne chance pour les ventes !
- P'tain, m'en parle pas ! Je suis dégouté à l'avance, c'est encore des chanteurs avec des noms à la con qui vont truster les charts. Pourtant, ça sonne super bien Eddy Waters, kes-t'en penses ?

Bref, "Atom Death Mother" c'est très éloigné de Pink Floyd, ça a une pêche pas possible et c'est du prog-death-dark-punk en vente dans toutes les bonnes charcuteries.

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l'image du jour
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Roger Waters en train d'écouter
le superbe "Atom Death mother" !

- Putain, ça déchire grave ce truc !