Dream
Theater
A
Change Of Seasons
(1995)
Il y a des plats que j'ai du
mal à digérer.
Le pudding au caramel par exemple,
préparé par ma
belle-mère... que j'ai
parfois du mal à digérer
aussi. "A change of seasons",
premier titre de cet album,
c'est pareil. Sorte de gros
morceau bien pesant, il est
encore plus indigeste que le
pudding au caramel. En plus
ça fait facilement ses
23 minutes. Personne n'avait
réussi à aller
si loin depuis au moins les
gars de Yes, ces anciens rockeurs
progressifs reconvertis dans
la pop progueuse et dont on
ne sait pas s'ils aiment le
pudding au caramel bien qu'étant
connus comme amoureux de la
grosse bouffe. Ils ont une prédilection
pour la daube qui, force est
de le constater, est beaucoup
plus digeste.
Tu pourrais facilement conclure
à cet instant, si tu
ne t'attaches qu'à l'aspect
culinaire de mon propos, que
Yes c'est mieux que Dream Theater.
Et tu aurais tort. En fait,
rien ne le prouve. Il faudrait
écouter la discographie
complète d'Anderson et
ses potes. Je vais m'y mettre
tout à l'heure. Pourquoi
pas après tout, vu qu'avec
cet album je viens de terminer
celle de Dream Theater.
"A change of seasons"
donc est long, très long.
Tu me diras : plus c'est long,
plus c'est bon. C'est vrai...
enfin, ça dépend
de quoi tu parles.
Moi, tel que tu me vois (enfin,
c'est façon d'écrire),
il m'est arrivé de connaître
du plaisir à des écoutes
musicales qui duraient. Tu peux
en parler à la femme
de mon voisin. On a écouté
ensemble "Ritual, nous
sommes du soleil". Eh bien,
on s'est éclatés
comme des bêtes.
Comme quoi, la musique, ça
peut durer sans être gonflant.
Malheureusement, "A change
of seasons" ça dure
et ça gonfle. Tu peux
me croire d'autant plus que
je l'ai écouté
seul. La femme de mon voisin
a préféré
aller écouter une symphonie
de Beethoven avec un soi-disant
mélomane. La salope.
En plus cet album est à
part dans l'oeuvre du groupe.
Si tu crois par là qu'il
est bon, tu as tout faux. Il
est différent parce que
les Dream Theater se lancent,
en plus de ce titre qui n'en
finit pas, dans les covers.
Qu'est-ce qu'un (ou "une",
je ne sais plus) cover pourrais-tu
demander sasn vouloir me les
briser menu ?
Un cover, c'est une reprise
d'un titre d'un autre artiste.
Ici, on en trouve une d'Elton
John l'ex-chauve de la pop britonne,
trois du gros dirigeable de
Page (dans le même), une
des vieux Purple et un pot-pourri
(le nom me semble bien trouvé)
d'un peu tout et de rien.
Cela prouve que nos musicos
ont écouté plein
de choses et qu'ils jouent ici
ce qu'ils aiment. Personnellement
quand on fait une reprise, mon
groupe et moi, on joue plutôt
du Yes. Comme quoi, les goûts
et les couleurs...
Dream Theater reprend ces titres
de façon respectueuse
presque à l'identique,
en y rajoutant ce petit plus
qui fait la marque de fabrique
du groupe. Un rien à
peine perceptible, fait d'un
je-ne-sais-quoi même pas
palpable. Cette Dream Theater
touch qui fait tout le charme
du groupe.
Tu veux que je te dise, "A
change of seasons" n'est
pas un album différent
dans la discographie de Dream
Theater. Il est comme les autres.
Soit une sorte de pudding musical.
Bref, une chose est sûre.
Dream Theater est bel et bien
l'inventeur du rock bourratif.
Tu écoutes cet album,
te voilà rassasié.
Après tu n'as plus qu'à
te mettre au régime.
Ambient et chants grégoriens
un mois durant.