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disques

CHRONiQUES MUSiCALES

AUtRES

Un grand moment
de jazz

Miles Davis
Porgy And Bess (1959)

 

Miles Davis caresse sa trompette. Sans doute elle jouit.

A ses côtés, Gil Evans, son arrangeur préféré dirige un grand orchestre. Et une belle compagnie de cuivres. Comme en fond sonore des envolées magiques du trompettiste. Et, avec cette façon bien à lui qu'il a de faire sonner l'orchestre. Ample puis grave.

Miles Davis reprend ici le "Porgy and Bess" de Gershwin. Mais c'est du Miles Davis. C'est à dire une musique très classe avec des interventions étonnantes. Un son de trompette plein d'éclats. Une sensualité de tous les instants. Et toujours fascinante.

Miles Davis se donne ici à fond. Il aime ça. Loin de la facilité, il est vraiment lui-même. C'est l'apanage des grands.

Emporté par les arrangements d'Evans, sa trompette navigue entre retenue et explosion. Pleine de fougue puis nonchalante. Et toujours inspirée bien sûr. Capable de construire des climats plutôt envoûtants.

Plus que sexagénaire, cette oeuvre souffre par moments (plutôt rares) de quelques arrangements de cuivres un peu passés. Mais qu'importe. Car, pas loin du niveau de "Sketches of Spain", une autre des importantes collaborations entre Evans et Davis, ce "Porgy and Bess" reste définitivement comme l'un des plus grands moments du Jazz.