Miles
Davis caresse sa trompette.
Sans doute elle jouit.
A
ses côtés, Gil
Evans, son arrangeur préféré
dirige un grand orchestre. Et
une belle compagnie de cuivres.
Comme en fond sonore des envolées
magiques du trompettiste. Et,
avec cette façon bien
à lui qu'il a de faire
sonner l'orchestre. Ample puis
grave.
Miles Davis reprend ici le "Porgy
and Bess" de Gershwin.
Mais c'est du Miles Davis. C'est
à dire une musique très
classe avec des interventions
étonnantes. Un son de
trompette plein d'éclats.
Une sensualité de tous
les instants. Et toujours fascinante.
Miles Davis se donne ici à
fond. Il aime ça. Loin
de la facilité, il est
vraiment lui-même. C'est
l'apanage des grands.
Emporté par les arrangements
d'Evans, sa trompette navigue
entre retenue et explosion.
Pleine de fougue puis nonchalante.
Et toujours inspirée
bien sûr. Capable de construire
des climats plutôt envoûtants.
Plus que sexagénaire,
cette oeuvre souffre par moments
(plutôt rares) de quelques
arrangements de cuivres un peu
passés. Mais qu'importe.
Car, pas loin du niveau de "Sketches
of Spain", une autre des
importantes collaborations entre
Evans et Davis, ce "Porgy
and Bess" reste définitivement
comme l'un des plus grands moments
du Jazz.