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On peut faire
l'impasse...

Miles Davis
Pangaea (1979)


J'aime beaucoup l'oeuvre de Miles Davis. C'était l'un des musiciens les plus créatifs de notre époque. "Kind of blue" ou "Bitches brew", pour ne citer que les plus représentatifs de deux facettes de son immense talent, sont des chefs-d'oeuvres incontestables. Mais ce n'est pas parce qu'ici avec "Pangaea" il s'agit toujours de Miles Davis que je vais crier au génie.

En effet, cet album live enregistré le même jour (en février 75) que le déjà poussif "Agharta" et lui ressemblant énormément, n'apporte rien à l'oeuvre de Miles Davis. Ce n'est qu'un autre album de jazz-rock sans pertinence, se contentant de reprendre presque à l'identique, l'aspect live en plus, des thèmes déjà largement développés en studio et de meilleure façon.

Les deux thèmes ("Zimbabwe" et "Gondwana"), s'étirant à l'infini (plus de 41 pour le premier et plus de 46 pour le second) entre longues suites un peu fastidieuses de montée de puissance suivis d'apaisement, ne sont souvent que vides et surtout redites des "Maiysha" enregistré en 74 et "Calypso frelimo" (73), titres sublimes que l'on retrouve sur le presque parfait "Get up with it".

Miles Davis est entouré donc par les mêmes musiciens que dans "Agharta". Ce sont : Sonny Fortune (qui joue des saxophones soprano et alto ainsi que de la flûte), Reggie Lucas et Pete Cosey aux guitares électriques, Michael Henderson à la basse électrique, Al Foster à la batterie et Mtume aux percussions.

Fortune est une triste copie sans réel feeling de Coltrane, Foster frappe sans finesse sur ses fûts. On entend beaucoup trop souvent Mtume seul aux percussions.

Henderson assure bien à la basse. Quant aux deux guitaristes (Lucas et cosey), ils sont sans invention, froids et se contentant de sortir tous les clichés jazz-rockeux possibles.

Miles Davis fait quelques interventions intéressantes à l'orgue. Par contre, sa trompette possède un son plutôt affreux. Ses solos sont souvent poussifs et disgracieux. De plus, il semble au bout de son inspiration. J'en veux pour preuve le fait qu'à son retour aux studios avec "The man with the horn" en 80, malgré le fait qu'il retrouvât le son sensuel et magique de sa trompette, il refit marche arrière proposant une pâle copie du déjà ancien "Bitches brew" avant de se perdre dans une fusion bon chic bon genre sans grand intérêt.

Miles Davis ne sait plus très bien où il va dans cet album entre délires guitaristiques free-rock sans âme, solos de saxos clichés post-coltraniens, percussions à foison, batterie lourde, funk monolithique et psychédélisme post-hendrixien glacé.

Au final, tu peux largement faire l'impasse sur ce live étant donné le nombre important d'oeuvres majeures qui jalonnent le long parcours de Miles Davis.