Miles
Davis
Bitches
Brew
(1970)
Aujourd'hui, inestimable ami
lecteur, faut quand même
que je te cause un peu de ce
disque qui serait le meilleur
du genre appellé "jazz
fusion" même s'il
n'a pas à forcer vu les
merdes qui inondent ce style
depuis des plombes.
Et
alors que j'écoute à
peine mon voisin, celui-ci je
l'ai écouté un
paquet de fois. Et je peux te
dire que les thèmes démarrent
sur les chapeaux de roue, pesants,
dans un climat plutôt
étrange de par la multitude
d'instruments usités
et même celui nouveau
chez Miles Davis, menaçant
et fascinant, des clarinettes
basses et autres saxophones
soprano. Puis, ça semble
toujours près du point
de rupture mais ne décolle
jamais vraiment.
Mon
thème préféré
est "Miles Runs The Voodoo
Down". C'est assez funk,
les interventions de la trompette
assurent un max au fil d'improvisations
inspirées et la sonorité
est superbe. La rythmique est
pas mal non plus sur une assise
lourde de percussions diverses.
Ça bouillonne dans une
fusion (le mot est bien trouvé)
incandescente.
Il
y a aussi "Pharoah Dance",
"Spanish Key" et "Bitches
Brew" qui sont pas mal
non plus mais ont quelques moments
de flottement. Disons que c'est
un peu trop long.
Du
coup, "Bitches Brew"
est un bel album de jazz (ou
autre chose) à la production
volontairement trouble mais
qui ne me paraît sûrement
pas aussi génial qu'on
peut le lire un peu partout.
En effet, j'y aime moins les
interventions et le son en soliste
de guitare (McLaughlin) et le
thème qui porte le nom
de ce dernier. En outre, j'apprécie
peu qu'il y ait quelques passages
un peu "free" et "Sanctuary"
ne me touche guère.
Mais pour le reste, c'est psyché
et funk, proche de la transe,
et de par son originalité
et sa puissance ça reste
encore largement passionnant
aujourd'hui.