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disques

CHRONiQUES MUSiCALES

AUtRES

Aux climats
envoûtants

Miles Davis
Big Fun (1974)

 

 

Le bien nommé "Big fun" est l'un de mes préférés de la période davisienne que l'on peut appeler "fusion" dont en fait je n'aime pas grand chose.

Ce double album sortit en son temps avec quatre thèmes seulement et enregistrés à l'époque des sessions de l'historique "Bitches brew", du très jazz-rock "Jack Johnson" ou du fusion-free "On the corner".

La production est assez claire, nette et l'instrumentation est faite de nouveaux apports, notamment des sitars et des percussions brésiliennes très usitées à l'époque (début des années 70) dans le rock auquel Miles Davis prête une oreille attentive.

Sa trompette est ici doublée avec force échos. Les guitares électriques utilisent comme chez les rockeurs les effets de distorsion du son. Mais l'ensemble reste, cet aspect formel mis à part, dans la même ligne directrice que "Bitches brew", à savoir de longues suites basées sur une assise rythmique prenante, amenant l'intervention claire, limpide et inspirée de la trompette de Miles Davis qui s'éloigne de plus en plus du jazz pour se lancer dans de longs délires oniriques très psychédéliques, chose que seule la musique rock se permettait jusqu'alors.

Les climats sont assez envoûtants et les titres s'étirent lents et répétitifs, entrecoupés de silences et parsemés de belles envolées à la trompette et au sax (Wayne Shorter le plus souvent) dans les beaux "Great expectations" et "Lonely fire" (un peu gaché quand même par un passage un tantinet "free").

Il y a aussi deux thèmes que j'apprécie un peu moins car un peu typés
"jazz-rock" avec un "Go ahead John" qui dans la première partie propose quand même une trompette agréable, mystérieuse et fièvreuse puis un jeu un peu rude et froid de McLaughlin à la guitare électrique et "Ife", une sorte d"interminable funk lancinant qui se cherche un peu malgré un final délirant.

"Big fun" proposait de façon originale quelque chose qui n'avait alors plus guère de liens avec le jazz tel qu'on le pratiquait à cette époque, une musique atypique comme il la jouait aussi dans quelques autres disques dont je fis jadis quelques chroniques ici même sur effet larsen, site dont Sylvester Stallone n’a pas craint de dire : "Avant je pensais qu’à tous les péter maintenant je lis effet larsen."

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l'image du jour _____________________________________________________________________________

Les grands moments de la longue et
merveilleuse histoire de la vie culturelle !

Stallone se préparant à consulter effet larsen.