Miles
Davis
Live
Around The World
(1988/91)
Cet
album est l'un des derniers
témoignages scéniques
de Miles Davis (88-91). Après
celui-ci il n'y aura plus que
les enregistrements avec Quincy
Jones à Montreux mais
dans un autre registre musical.
C'était l'époque
du crépuscule du dieu.
Miles Davis était arrivé
au terme de son parcours. Il
s'était assagi et n'était
plus le fer de lance d'une avant-garde
musicale comme il le fut jadis.
La musique proposée dans
cet album semble comme institutionnalisée,
parfois à la traîne
d'autres musiciens qui évoluent
dans le même créneau
et, ce qui agace, dans l'air
d'un temps où l'on était
plutôt préoccupé
par l'attrait qu'exerçaient
alors quelques nouvelles technologies
qui semblaient étouffer
de leur omnipotence toute velléité
créatrice.
La musique de Miles Davis est
donc souvent envahie de claviers
proposant des effets assez douteux
et la faisant sonner parfois
comme une sorte de disco agonisant.
Le grand trompettiste est entouré
comme d'habitude par des musiciens
aux ordres mais talentueux.
Surtout Joe "Foley"
McCreary (lead-bass), impérial
dans "New Blues" et
Kenny Garrett qui n'a rien à
envier aux Shorter et autre
Evans d'antan, aux divers saxophones.
On y trouve aussi, sorte de
curiosité, un musicien
qui comme dans le rap fait joujou
avec des vinyles. Pourquoi pas
?
Les titres joués, souvent
rallongés bien sûr,
apportent un plus par rapport
aux versions studios qui étaient
plutôt banales (notamment
"Tutu", "Human
nature", "Amandla"
ou le très quelconque
"Full Nelson").
Miles Davis se montre impérial
avec sa trompette magistrale
dans "Time after time",
un cover d'une chanson de Cindy
Lauper, et "Mr Pastorius",
deux superbes thèmes.
Dans "Intruder" qui
rappelle le Miles rageur des
années 70, entre rock
et funk, il évolue dans
l'esprit de la famille Stone
de jadis. "New blues"
est impressionnant. On y retrouve
le blues comme il le faisait
régulièrement
au moins une fois dans chacun
de ses derniers albums.
Miles Davis avait souvent proposé
des lives pas forcément
à la hauteur de ses superbes
albums studios. Celui-ci, sans
être indispensable, est
à conseiller malgré
tout à qui voudrait approcher
le Miles Davis dernière
époque et en conserver
en quelque sorte la quintessence.