La bataille de Culloden
Peter Watkins (1964)
Le
16 avril 1746, un mercredi précise-t-on,
les Anglais arrivent à Culloden
afin de dégommer l’armée
rebelle des Jacobites. Cette bataille
est présentée comme
étant une des plus mal menées
sur le territoire britannique, par
des imbéciles indécis
alcoolos incompétents, ceux-ci
affrontant ici Cumberland, alias
« le boucher de Culloden ».
Ce n’est jamais bon signe
lorsque la postérité
se souvient de toi comme étant
un boucher (à moins de travailler
dans une boucherie).
Ainsi les Jacobites meurent tous
pendant ou après la bataille
parce que mal dirigés et
ensuite achevés, combattants
ou civils, par le susnommé
boucher qui envoie sa piétaille
conclure la rébellion.
Ici dans son premier long métrage
qui dépasse à peine
1 heure, Watkins réalise
un reportage au XVIIIe siècle,
en caméra portée au
milieu de l’action, interviewant
les personnages historiques qui
s’adressent à la caméra.
C’était son style que
de s’affranchir des règles
en tournant des films qui pouvaient
durer 14 heures, avec plein de gros
plans de comédiens amateurs.
Ici
Watkins dénonce, comme il
le fera toujours, car la guerre
est moche et l’impérialisme
itou, en souhaitant faire un parallèle,
dira-t-il, avec la guerre du Vietnam.
Il a le grand mérite d’une
approche qui lui est propre, voulue
réaliste comme d’autres
le feront 35 ans plus tard, sans
l’anachronisme.
Watkins a même des canons
qui ont du recul.
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