Le
succès de la femme scorpion,
adaptée d’un manga
en 72, donna l’idée
à la Toei de faire collaborer
scénaristes et dessinateurs
afin de produire des mangas
ensuite adaptés au cinéma.
Lorsqu’on invita Suzuki
à écrire une bande
dessinée avec comme simple
consigne d’y mettre du
sang et des seins, il proposa
« Le couvent de la bête
sacrée », dans
lequel il y avait des seins
et du sang, qu’il réalisa
ensuite.
Pour
le rôle-titre, et comme
ils le firent plus souvent qu’à
leur tour, les décideurs
japonais harcelèrent
des jeunes femmes dans la rue
jusqu’à en convaincre
une, sans expérience
mais de belle composition, qui
se retrouva à poil dès
le premier jour de tournage.
Ici
Maya (c’est Yumi Takigawa)
entre dans les ordres afin d’enquêter
sur la mort mystérieuse
de sa mère dans un couvent
et plus précisément
dans le couvent de la bête
sacrée!
Dans ce couvent, des nonnes
diablement rigoureuses s’autoflagellent
chaque fois qu’elles sont
tentées par le péché
et, plus souvent encore, fouettent
et torturent d’aucunes
qui se sont écartées
du droit chemin, ce qui revient
assez régulièrement
dans cet établissement
où toutes les sœurs
semblent enfreindre les règles
tour à tour.
On y trouve ainsi, outre des
lesbiennes et des tortionnaires
sadiques, sœur Ishida la
délinquante qui a opté
pour la vie monacale plutôt
que la maison de correction
et surtout un type louche avec
une barbe inconcevable, aussi
spirituellement que littéralement
défroqué, ce qui
est utile pour les scènes
érotiques.
«
Le couvent de la bête
sacrée », représentant
notable de la nonnesploitation,
fut un échec à
sa sortie, et à juste
titre puisque ça ne vaut
pas grand-chose, mais devint
culte sur le tard comme bien
d’autres, parce que vieillot,
transgressif, exotique et barré.
Du sang et des seins (et des
nonnes).