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Vieillot, transgressif,
exotique et barré

Le couvent de la bête sacrée
Norifumi Suzuki (1974)

 

Le succès de la femme scorpion, adaptée d’un manga en 72, donna l’idée à la Toei de faire collaborer scénaristes et dessinateurs afin de produire des mangas ensuite adaptés au cinéma.

Lorsqu’on invita Suzuki à écrire une bande dessinée avec comme simple consigne d’y mettre du sang et des seins, il proposa « Le couvent de la bête sacrée », dans lequel il y avait des seins et du sang, qu’il réalisa ensuite.

Pour le rôle-titre, et comme ils le firent plus souvent qu’à leur tour, les décideurs japonais harcelèrent des jeunes femmes dans la rue jusqu’à en convaincre une, sans expérience mais de belle composition, qui se retrouva à poil dès le premier jour de tournage.

Ici Maya (c’est Yumi Takigawa) entre dans les ordres afin d’enquêter sur la mort mystérieuse de sa mère dans un couvent et plus précisément dans le couvent de la bête sacrée!

Dans ce couvent, des nonnes diablement rigoureuses s’autoflagellent chaque fois qu’elles sont tentées par le péché et, plus souvent encore, fouettent et torturent d’aucunes qui se sont écartées du droit chemin, ce qui revient assez régulièrement dans cet établissement où toutes les sœurs semblent enfreindre les règles tour à tour.

On y trouve ainsi, outre des lesbiennes et des tortionnaires sadiques, sœur Ishida la délinquante qui a opté pour la vie monacale plutôt que la maison de correction et surtout un type louche avec une barbe inconcevable, aussi spirituellement que littéralement défroqué, ce qui est utile pour les scènes érotiques.

« Le couvent de la bête sacrée », représentant notable de la nonnesploitation, fut un échec à sa sortie, et à juste titre puisque ça ne vaut pas grand-chose, mais devint culte sur le tard comme bien d’autres, parce que vieillot, transgressif, exotique et barré.



Du sang et des seins (et des nonnes).