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Parfois étonnement
moderne

Colonel Blimp
Emeric Pressburger, Michael Powell (1943)

 

"The Life and Death of Colonel Blimp" te narre la vie (mais pas la mort) de Clive Wynne-Candy (mais pas du colonel Blimp). Blimp est ici une référence à la caricature dessinée d’un militaire suffisant, réactionnaire et nanti, ce qu’est Clive Wynne-Candy.

Ce dernier, sexagénaire et major général en 1940, est pris de court par la fougue de la jeunesse avant qu’un flashback ne nous renvoie en 1902 (les célèbres flashbacks post "Citizen Kane").

Par la suite, Candy traversera l’histoire militaire anglaise, d’abord en sortie de guerre des Boers puis pendant la première guerre mondiale jusqu’aux débuts de la seconde. Il vivra en perpétuel décalage avec son temps et ne cessera d’être fidèle aux traditions de sa classe sociale, quels que soient son âge et sa position hiérarchique, s’en tenant immanquablement à une idée fixe, notamment en amour, ce qui sera le fil conducteur et une des particularités de ce film.

Car Candy, toute sa vie durant, fera une fixette sur Deborah Kerr, celle-ci jouant trois personnages différents que le protagoniste croisera à trois moments de sa vie. On retrouve également ici une forte accointance entre rivaux puisque Candy fera preuve d’une amitié indéfectible envers un officier allemand bien plus perspicace que lui.

Evidemment, cette peinture satirique de « l’establishment » et conciliante vis-à-vis de l’ennemi germanique fut lourdement critiquée et ne plut guère à Churchill et au War Office qui tentèrent de l’interdire.

Sa version non amputée (2h45 tout de même) ne fut visible qu’à partir des années 80 et ce beau film, parfois étonnement moderne, techniquement appréciable et avec un beau technicolor, jouit depuis d’une très bonne réputation auprès d’un certain public et ses créateurs, les Archers, font même parfois l’objet d’un culte.



Un vieux perspicace, un vieux dépassé et une
des trois Deborah Kerr, résolument progressiste.