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AUtRES courrier

Au gigantisme
discret

Cléopâtre
Cecil B. DeMille
(1934)

 

Si tu prends la sophistication, l’ironie et l’agilité verbale des actrices de la screwball comedy des années 30 et que tu y appliques l’insubordination du pré-code Hollywood, tu obtiens Claudette Colbert à moitié nue. Elle est ici Cléopâtre, grande adepte d’une séduction malicieuse à plein sourire qui ne fait pas du tout IVe siècle avant JC (la scène du hoquet est totalement anachronique).

Bref, abandonnée dans le désert par le méchant Pothinos, Cléopâtre revient enroulée dans un tapis. Dès lors elle n’aura de cesse de faire un incommensurable rentre dedans à tous les romains qui passent, pourvu qu’ils aient du pouvoir. D’abord le grand Jules qui ne la croit qu’à moitié et la manipule jusqu’à se faire dégommer au sénat puis Marc-Antoine qui est un benêt que Cléopâtre subjugue en deux décolletés, alors qu’il boit du vin et dévore du regard des femmes dénudées qui caressent l’encolure du taureau sacré.

Cecil B. DeMille aime filmer la luxure des païens dégénérés alors on voit des danseuses déguisées en léopard qui se font fouetter par un type vêtu de lanières de cuir... Pour vous dire que la censure approchant à grand pas, on s’autorise n’importe quoi avant qu’il ne soit trop tard, le tout dans l’habituel gigantisme de studio propre à Cecil B., mais ici plutôt contenu, disons un gigantisme discret.

Au final, "Cléopâtre" est un mélo quelconque dans lequel ressort très largement Claudette Colbert qui, taquine et spirituelle, ne semble pas jouer dans le même film que les autres.



Cléopâtre aguiche, comme toujours.