"L'épervier
de Maheux", qui ne faut
pas confondre avec "L'épervier
de Mathieu", est un roman
qui parle en quelque sorte du
combat de l'homme contre une
condition précaire et
une nature hostile, tentatives
illusoires de survivre. Ouais,
comme je te le dis.
Abel Reilhan en est le héros
tragique.
L'action se passe sur de hautes
solitudes. Là où
la nature semble avoir définitivement
pris le dessus. Dans un lieu
appelé Maheux. Soit de
vieilles bâtisses égarées
sur le plateau au milieu de
nulle part. Prises entre une
chaleur estivale suffocante
et une excessive froidure hivernale.
Un de ces endroits particulièrement
hostiles dont on se demande
comment des êtres humains
peuvent encore y trouver une
raison de vivre. Entre la pierre
et le ciel. Quelque part pas
loin de la commune de Florac
dans le département de
la Lozère, lieu âpre
et toujours synonyme d'exode.
Dans une région appelée
Cévennes. Ce n'est pas
la peine que tu fasses le projet
fou d'y aller un de ces quatre.
Abel, qui a refusé de
quitter les lieux, lutte seul
face à la montagne. En
quête de l'eau salvatrice,
il espère toujours. Mais
en vain. Au dessus de lui tournoie
inlassablement un épervier.
Comme la métaphore de
ce temps qui finit par avoir
raison de toutes les volontés.
Moi-même, je m'arrêterai
peut-être un jour avant
ma cinq cent millième
chronique.
Et loin d'une vision de nature
idyllique, Carrière montre
un monde plutôt cruel
et des pauvres gens capturés
dans leur triste vérité.
Ceci lui amena d'ailleurs et
de façon plutôt
ridicule la désapprobation
des certains lecteurs Cévenols.
Les cons.
"L'épervier de Maheux"
- qu'il ne faut pas prendre
pour un roman régionaliste
-, brille par la qualité
littéraire de son texte
qui rappelle le meilleur de
Giono. L'écriture y est
riche et sensuelle. Les descriptions
sont de haute volée.
Le thème très
noir et la vision de ce petit
monde en décomposition
sont traîtés de
façon plutôt moderne
dans un style des plus alertes
rejoignant parfois le mode journalistique.
A la fois détaché
puis proche de ses personnages
souvent mesquins, captant aisément
la dimension tragique de son
anti-héros, l'auteur
nous prend à témoin
et nous interpelle.
Jean Carrière, qui malheureusement
nous a quittés récemment,
avait réussi là
un roman de très grande
qualité, à la
fois beau et fascinant.
Je te le conseille vivement.
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l'image
du jour
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Un
jour, Jean-Claude
se rendit compte soudain
qu'il avait pris dans
la bibliothèque
"L'épervier
de Mathieu" au
lieu de celui de Maheux
!

Du
coup, c'est sûr
qu'il a dû être
beaucoup moins aware.
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