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De l'orientalisme
en carton

Capitaine King
Henry King (1953)

 

En Inde britannique, alors que sévit un rebelle nommé Karram Khan, le capitaine King (c’est Tyrone Power) a la charge du régiment des carabiniers de Khyber qui donne son nom au titre original de ce beau film en cinemascope très librement adapté d’un roman d’aventure historique.

Pour une raison indéterminée, le capitaine King parvient à séduire Susan, la fille du commandant, alors qu’il a l’allure triste du gars qui est trop investi dans son travail. Dès lors, Susan, qui arbore en permanence une toilette printanière dans les tréfonds accablés de chaleur de l’arrière-pays indien, lui fait des avances pressantes.

Seulement King est métis car son père anglais épousa une indienne, ce qui rend leur amour impossible dans ce monde rétrograde où règne l’intolérance. King peut mourir pour les britanniques, dit-on, mais pas vivre avec eux, ce qui n’est pas très gentil.
Heureusement que Susan fait fi de l’étroitesse d’esprit de son temps alors les deux tourtereaux peuvent faire un baiser de cinéma sur une incroyable violonade.

Et la rébellion de Karram Khan ? Eh bien on s’en moque un peu pendant une heure. Ce n’est que sur son dernier tiers que ce film s’emballe légèrement et que Khan apparaît, évidemment joué par un anglais avec deux centimètres de fond de teint, et puis ils se battent pour que triomphe l’impérialisme.

PS : « La garde noire » de John Ford, en 1929, adaptait le même roman.

Il faut aimer l'orientalisme en carton.