Ce
"port des larmes", c'est
Cobh Harbour d'où partaient
les immigrants Irlandais fuyant
un pays où ils crevaient
de faim. C'est infiniment triste
donc et Andrew Latimer, le compositeur
de cette oeuvre essaie de faire
passer l'angoisse qu'ont connu
ses ancètres qui ont vécu
cet exode.
Il s'agit donc d'un concept-album
et qui dit "concept-album"
dit prog. Moi, je dirai : oui...
et non.
Oui : dans le sens où l'on
retrouve ce désir constant
de se laisser aller au symphonisme,
aux longs solos de guitare, à
de nombreux claviers et aux titres
qui s'étirent tant et plus.
Non : dans le sens où la
musique de Camel ne progresse
pas du tout.
L'ensemble dégage (au début
surtout) un côté
folk irlandais du plus bel effet.
Ecoutez la suite "Irish Air"
(chanté puis en instru)
et "Harbour of tears"
de qualité, à la
fois très mélodieuse
et d'une grande mélancolie.
La voix de Latimer va bien avec
le style nostalgique de l'ensemble.
Les solos de guitare bien que
sans réelle identité
(on pense beaucoup à Gilmour)
sont malgré tout de bonne
facture. L'apport d'une flûte
et d'une chanteuse nommée
Mae McKenna (de façon épisodique
malheureusement) aident beaucoup
à créer le climat.
L'ensemble est plutôt fluide
et dans la continuité (les
titres sont souvent enchaînés
comme formant un seul).
Malheureusement les passages où
la guitare joue le thème
avec les claviers, les moments
symphoniques avec cordes un peu
envahissantes et pas toujours
dans le ton, le côté
rencontre entre André Rieu,
Yann Tiersen et la musique de
téléfilms à
l'eau de rose, tout cela a le
don de m'agacer dans ces longues
suites instrumentales mièvres
qui occupent la majorité
de l'album.
Au final on a un album moyen qui
manque de consistance. Un peu
léger, lisse et souvent
plutôt loin de ce que j'aurais
pu espérer attendre du
concept développé.