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disques

CHRONiQUES MUSiCALES

AUtRES

Manque de
consistance

Camel
Harbour Of Tears (1996)

 

Ce "port des larmes", c'est Cobh Harbour d'où partaient les immigrants Irlandais fuyant un pays où ils crevaient de faim. C'est infiniment triste donc et Andrew Latimer, le compositeur de cette oeuvre essaie de faire passer l'angoisse qu'ont connu ses ancètres qui ont vécu cet exode.

Il s'agit donc d'un concept-album et qui dit "concept-album" dit prog. Moi, je dirai : oui... et non.

Oui : dans le sens où l'on retrouve ce désir constant de se laisser aller au symphonisme, aux longs solos de guitare, à de nombreux claviers et aux titres qui s'étirent tant et plus.
Non : dans le sens où la musique de Camel ne progresse pas du tout.

L'ensemble dégage (au début surtout) un côté folk irlandais du plus bel effet. Ecoutez la suite "Irish Air" (chanté puis en instru) et "Harbour of tears" de qualité, à la fois très mélodieuse et d'une grande mélancolie.

La voix de Latimer va bien avec le style nostalgique de l'ensemble. Les solos de guitare bien que sans réelle identité (on pense beaucoup à Gilmour) sont malgré tout de bonne facture. L'apport d'une flûte et d'une chanteuse nommée Mae McKenna (de façon épisodique malheureusement) aident beaucoup à créer le climat. L'ensemble est plutôt fluide et dans la continuité (les titres sont souvent enchaînés comme formant un seul).

Malheureusement les passages où la guitare joue le thème avec les claviers, les moments symphoniques avec cordes un peu envahissantes et pas toujours dans le ton, le côté rencontre entre André Rieu, Yann Tiersen et la musique de téléfilms à l'eau de rose, tout cela a le don de m'agacer dans ces longues suites instrumentales mièvres qui occupent la majorité de l'album.

Au final on a un album moyen qui manque de consistance. Un peu léger, lisse et souvent plutôt loin de ce que j'aurais pu espérer attendre du concept développé.