Enième
transfuge du roman porno de
Nikkatsu, mais beaucoup plus
connu par chez nous, Kiyoshi
Kurosawa sortit un premier film
rose pour cinéphiles
maniérés, en 1983,
souvenez-vous. Il ne convainquit
personne, pas même les
cinéphiles maniérés
(mais l’ont-ils seulement
vu ?), et son deuxième
essai fut mort-né, jugé
trop peu sexy.
Celui-ci, qu’il racheta
et retravailla, passa de l’érotique
"College girl : shameful
seminar" à la comédie
ampoulée coquine "The
excitement of the do-re-mi-fa
girl", alias "Bumpkin
soup".
Ici Akiko se rend dans une université
pour y retrouver Yoshioka dont
elle est amoureuse. Seulement
cette université est
un repaire d’extravagants
sexuellement pervertis qui suivent
l’enseignement philosophique
d’un professeur dévoyé
en quête de la honte absolue
(d’où le titre
initial du film).
En somme, "Bumpkin soup"
est éminemment plus excentrique
que le premier Kurosawa qui
lui valut pourtant l’indifférence
de son studio. Ici rien n’a
de sens entre son humour particulier,
sa logique singulière
et sa mise en scène biscornue
dans laquelle la succession
de scènes ne se succède
pas forcément et la finalité
n'a sans doute pas de fin.
Le tout se déroule dans
un bâtiment vide et délabré
qui ressemble beaucoup à
une université française
de la fin des années
90. Et s’il n’y
a finalement pas de scène
de sexe simulé, tu auras
tout de même ton quota
de nippones menues qui exhibent
leurs petits seins arrogants,
ce que tu sauras sans doute
apprécier dans le cadre
de tes investigations transdisciplinaires
sur les régimes scopiques
et les économies symboliques
du désir dans le contexte
postindustriel de l'archipel
japonais.
PS
: Le prof est joué par
Juzo Itami qui réalisa
en cette même année
1985 son grand chef d’œuvre
"Tampopo", film dans
lequel apparaîtront d’ailleurs
Kenso Kato et Yoriko Doguchi.
Cette dernière jouera
également dans moult
autres Kurosawa et, plus récemment,
dans la série "Shogun"
mais à 60 ans contre
19 ans ici.

Je n'ai pas compris ce film.