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Anodin

My broken Mariko
Yuki Tanada (2022)

 

 

Tomoyo apprend à la télévision le suicide de son amie depuis l’enfance, Mariko. Parce qu’au Japon on annonce aux infos le nom des personnes qui se suicident (?!?). Tomoyo se rend chez le père de Mariko, un enfoiré et alcoolique notoire qui violentait sa fille, lui vole les cendres de son amie et s’enfuit par la fenêtre. Elle décide d’emmener Mariko voir la mer, ce qu’elles ne purent faire par le passé.

Alors tu penses qu’il s’agit d’un road movie et que Tomoyo, lors de son voyage vers le fictif cap Marigaoka, fera moult rencontres de gentils inconnus débordant de sagesse et qu’elle saura affronter ses peurs et soigner les terribles blessures qui la ralentissent tout en conversant avec l’urne de sa défunte amie, le tout sur une musique complaisante au piano.

Crois-moi, tu as tout faux et ce n’est pas vraiment la faute du film, l’œuvre originale (un manga) étant à peu près identique. Mais ce dernier avait l’avantage d’être brut jusqu’aux dessins intenses et secs alors que le film est simplement normal et anodin.

Comme souvent, ces histoires gagneraient à être réellement adaptées par des gens inspirés, mais ce n’est pas le but de l’exercice. Tanada est très disciplinée et reprend pratiquement plan pour plan son modèle, mais sans le trait expressif de l’original. Le résultat n’est pas mauvais, mais "My broken Mariko" devient un film sur le suicide assez plan-plan qui ne fonctionne qu’occasionnellement, avec des choix musicaux et de mise en scène discutables et un type quelconque qui porte un col roulé et te dit qu’il ne faut pas se suicider parce que c’est mal.



Le type au col roulé, Tomoyo et Mariko