Brel,
ça n'a pas toujours tenu
le coup face aux années
d'usure. Ne crois pas par là
que je veux dire que c'est nul.
Loin de moi cette idée.
Au contraire, Brel, c'est le
nec plus ultra de la chanson
qui cause la langue de chez
nous. C'est fort, bourré
d'émotion jusqu'à
la gueule, viril en diable,
plein de poésie, même
si on ne peut pas vraiment affirmer
que c'est un poète, mais
il faudrait peut-être
qu'il soit encore en vie pour
réenregistrer certains
de ses titres.
Vois plutôt cet album.
A côté de superbes
choses comme le bien nommé
"Tango funèbre"
(la mort, encore cette saloperie
de mort), le triste et prenant
"Les désespérés",
le puissant "Mathide",
le mélancolique et presque
sordide "Quand maman reviendra",
le percutant "La chanson
de Jacky", le fort "Mon
enfance" et même
le rigolo "Les bonbons"
(il s'agit ici de la 2°
version), eh bien, à
côté de ces chefs-d'oeuvre,
le reste s'épanche un
peu trop à mon goût
dans un pathétique collant
envahi d'arrangements dignes
d'une émission de variété
des années 60, dates
de ces enregistrements.