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disques

CHRONiQUES MUSiCALES

AUtRES

Se tiennent par la main
et marchent en silence

Jacques Brel
Jef (1988)

 

Brel, ça n'a pas toujours tenu le coup face aux années d'usure. Ne crois pas par là que je veux dire que c'est nul. Loin de moi cette idée. Au contraire, Brel, c'est le nec plus ultra de la chanson qui cause la langue de chez nous. C'est fort, bourré d'émotion jusqu'à la gueule, viril en diable, plein de poésie, même si on ne peut pas vraiment affirmer que c'est un poète, mais il faudrait peut-être qu'il soit encore en vie pour réenregistrer certains de ses titres.

Vois plutôt cet album.

A côté de superbes choses comme le bien nommé "Tango funèbre" (la mort, encore cette saloperie de mort), le triste et prenant "Les désespérés", le puissant "Mathide", le mélancolique et presque sordide "Quand maman reviendra", le percutant "La chanson de Jacky", le fort "Mon enfance" et même le rigolo "Les bonbons" (il s'agit ici de la 2° version), eh bien, à côté de ces chefs-d'oeuvre, le reste s'épanche un peu trop à mon goût dans un pathétique collant envahi d'arrangements dignes d'une émission de variété des années 60, dates de ces enregistrements.