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Jazz contemporain

Anouar Brahem / John Surman
/ Dave Holland

Thimar (1998)



Ici, nous sommes chez ECM.

"C'est quoi ECM" ? pourrais-tu demander, toi qui par hasard as cliqué sur cette chronique croyant arriver sur un disque de metal ou de prog même si la pochette s'en éloigne. Faut savoir que ceux qui viennent sur effet larsen écoutent du prog ou du metal. Mais il n'y a pas que ça dans la vie. Il y a aussi la musique proposée par ECM....

Oui, c'est quoi ECM ?

ECM, c'est une marque de disques qui enregistre ce que l'on appelle du jazz moderne qui va du free à celui qui fleurte avec les musiques dites du monde... enfin d'un autre que celui du jazz.

ECM enregistre donc des musiques improvisées d'aujourd'hui. Et chaque fois qu'un musicien sorti de nulle part (comme c'est le cas ici avec Anouar Brahem) enregistre chez elle, la marque lui propose comme accompagnateurs des musiciens qui font ses beaux jours depuis des lustres.

Ici, on y entend l'excellent John Surman - il y est pour beaucoup dans le climat très prenant de certaines plages. C'est un spécialiste du saxophone soprano et de la clarinette basse jazziquement atmosphérique. Dave Holland, contrebassiste réputé, s'y colle aussi.

Anour Brahem est un musicien tunisien qui joue de l'oud.

C'est quoi l'oud pourrais-tu demander, en sus, si tu as la flemme d'aller chercher sur Google ?

L'oud est une sorte de luth qui a un son qui ressemble un peu à la guitare acoustique. Habituellement il est utilisé comme accompagnement de chant du Maghreb.

Anouar Brahem en joue ici en solo bien sûr une musique qui prend ses racines dans celles de son pays, la Tunisie, tout en allant vers un jazz dit moderne. L'album est aussi totalement acoustique. Les thèmes sont longs, lents, un rien méditatifs et un peu mélancoliques.

Comme souvent chez ECM on improvise dans un climat bon chic bon genre et un enregistrement superlatif comme de bien entendu. Nos trois bonhommes s'échangent les interventions. Donc pas de mélodies bien précises. Que des impressions.

Bon, en ce moment dans le jazz ou pas loin la mode est au métissage à tout crin et il est de bon ton de se pâmer devant les mélanges plus ou moins foireux entre musique arabe et jazz. Ici, avec Anouar Brahem, le métissage est plutôt réussi. Mais cet album ne me convainc pas toujours car trop improvisé, souvent linéaire et sans thème qui accroche vraiment.

Et comme toujours lorsqu'on a à faire à des stakhanovistes de l'impro on se sent parfois un peu largué. Ce disque, comme la majorité de la production ECM, fait souvent malheureusement cet effet-là. Dommage.