Un
gang de jeunes s’ennuie
dans son lycée poubelle,
ouverture habituelle des horizons
bouchés, comme le chantait
le poète Michel Sardou.
Dans cet établissement
crade et tagué, des ados
tapent dans les mains lors du
« jeu du balcon »
afin de déterminer celui
qui sera leur leader, en l’occurrence
Kujo (c’est Ryuhei Matsuda),
avec son perpétuel air
de s’ennuyer à
200 km/h.
Son pote Aoki, sans avenir et
figé dans son lui profond,
s’en félicite,
la délinquance juvénile
étant pour lui une finalité.
Il est tellement figé,
d’ailleurs, qu’il
nous offrira la célèbre
scène durant laquelle
il s’appuie sur une rambarde
pendant 8 heures, temps réel,
accélérée
ici en 1’15.
Ces
jeunes sans devenir et en quête
de sens se distraient de rien
et se cassent occasionnellement
la gueule et de leur lycée
pour acheter des glaces. Ils
se poignardent même parfois,
finissent yakuzas, en prison
ou morts.
Seulement
Kujo, plutôt passif et
nonchalant, ne montre pas le
même enthousiasme pour
la violence gratuite, ce qui
entraîne l’incompréhension
et la haine de son condisciple.
Bref, « Blue spring »,
tu l’as sans doute compris,
est une critique acerbe et un
film très court, adapté
d’un manga, sur l’appréhension
du vide de jeunes apathiques
sans perspective.
Et
si les fleurs sont faites pour
fleurir et pas pour se dessécher,
comme le dit le sensei, l’adolescent
à l’existence vaine
se flétrit.
PS
: Il ne faut évidemment
pas confondre « Blue spring
» et « Blue spring
ride », tous deux manga
puis film en prise de vue réelle,
le premier étant punk
et sanglant, le second une romance
tranche-de-vie.
Ryuhei Matsuda s'emmerde à
200 km/h pendant le jeu du balcon.