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Blue spring


Toshiaki Toyoda

- 2001 -



Un gang de jeunes s’ennuie dans son lycée poubelle, ouverture habituelle des horizons bouchés, comme le chantait le poète Michel Sardou.

Dans cet établissement crade et tagué, des ados tapent dans les mains lors du « jeu du balcon » afin de déterminer celui qui sera leur leader, en l’occurrence Kujo (c’est Ryuhei Matsuda), avec son perpétuel air de s’ennuyer à 200 km/h.

Son pote Aoki, sans avenir et figé dans son lui profond, s’en félicite, la délinquance juvénile étant pour lui une finalité. Il est tellement figé, d’ailleurs, qu’il nous offrira la célèbre scène durant laquelle il s’appuie sur une rambarde pendant 8 heures, temps réel, accélérée ici en 1’15.

Ces jeunes sans devenir et en quête de sens se distraient de rien et se cassent occasionnellement la gueule et de leur lycée pour acheter des glaces. Ils se poignardent même parfois, finissent yakuzas, en prison ou morts.

Seulement Kujo, plutôt passif et nonchalant, ne montre pas le même enthousiasme pour la violence gratuite, ce qui entraîne l’incompréhension et la haine de son condisciple.

Bref, « Blue spring », tu l’as sans doute compris, est une critique acerbe et un film très court, adapté d’un manga, sur l’appréhension du vide de jeunes apathiques sans perspective.

Et si les fleurs sont faites pour fleurir et pas pour se dessécher, comme le dit le sensei, l’adolescent à l’existence vaine se flétrit.

PS : Il ne faut évidemment pas confondre « Blue spring » et « Blue spring ride », tous deux manga puis film en prise de vue réelle, le premier étant punk et sanglant, le second une romance tranche-de-vie.




Ryuhei Matsuda s'emmerde à 200 km/h pendant le jeu du balcon.