Beyond
the infinite two minutes
Junta Yamaguchi (2020)
Même
si Ueda et sa compagnie Europe
Kikaku se sont faits connaître
avec l’adaptation de leur
"Summer time machine blues"
en 2005, souvenez-vous, leur
premier film original était
"Beyond the infinite two
minutes", en 2020.
Rendu possible par un financement
participatif et adapté
d’un court, ce long (tout
juste puisqu’il dure 1h05)
te narre l’histoire de
Kato, patron d’un café,
qui est surpris par lui-même
sur l’écran de
son ordinateur s’expliquant
qu’il est deux minutes
dans le futur. Il enjoint au
lui-même deux minutes
en arrière de s’exprimer
sur la télévision
du café qui a deux minutes
d’avance afin de s’adresser
au lui-même du passé.
Selon les conventions et face
à un événement
inconcevable – ici des
télévisions décalées
de deux minutes – des
personnages arriérés
vont se comporter comme de parfaits
imbéciles, base sans
laquelle le cinéma de
Ueda ne fonctionnerait pas.
Et pour un personnage raisonnable,
le reste ne sert qu’à
nourrir la course en avant.
"Beyond...", entièrement
filmé au téléphone
portable et pratiquement uniquement
dans un seul lieu, est composé
d’un seul (faux) plan
séquence d’une
heure. Et pour peu que tu sois
d’humeur badine, ce film
se regarde pour son étrange
complexité et son concept
original.
PS
: Le titre japonais fait référence
à l’effet Droste
qui disparait dans le titre
international. La boîte
de cacao Droste sert d’ailleurs
à expliquer cet effet.
PS2
: Les seuls rescapés
de « Summer time machine
blues » sont Munenori
Nagano et Chikara Honda, avec
forcément 15 ans de plus.

Kato et Kato deux minutes plus
tard.