Un
jour, Hugues Aufray, petit chanteur
sympa pour feux de camp, you
kaïdi you kaïda, rencontre
Dylan qui alors est totalement
inconnu dans l'hexagone même
si depuis sa notoriété
n'a guère augmenté.
Dylan,
c'est un chanteur qui, en peuplant
ses chansons de superbes métaphores,
avait réussi à
subjuguer les révoltés
de salon du monde entier tout
en n'aimant pas être gouverné
par des chauves. D'ailleurs,
depuis il se balade avec une
crinière pas possible
à plus de quatre-vingts
balais. You kaïdi.
Donc, un jour, au milieu des
années 60, le brave Hugues
s'arrête un peu de chanter
Santiano, hisse et ho, dix huit
nœuds, quatre cent tonneaux,
il est fier d'y être matelot
et rencontre alors le contestataire
Robert Zimmerman qui se fait
appeler Dylan du nom d'un poète
totalement inconnu. Mais ça
fait mieux que de s'appeler
comme un conservateur à
cheveux bien connu de cette
époque et dont j'ai oublié
le nom. Pour bien prouver que
cette rencontre est vraie, Aufray
met les photos d'époque
à l'intérieur
du livret très complet
de ce double cd où on
apprend que son pote Renaud
y est venu pousser la chansonnette.
Ta, ta, tan.
Alors Hugues, qui a sûrement
bon goût, décide
avec l'aide de Delanoé,
un parolier en vogue, d'adapter
Dylan. Un premier album sort.
On le retrouve ici. On lui a
ajouté un second avec
de nouveaux titres traduits
récemment et qui sont,
selon le livret intérieur,
d'Hugues Aufray, lui-même.
Ca devient "Trans Dylan".
Bon, je l'ai écouté.
C'est sympa, pas forcément
guitare sèche, aïdi
aïda. Et si la traduction
est fidèle, on peut quand
même se demander ce que
plein de gens, et pas forcément
que des cons, ont pu trouver
dans les textes de Dylan.
En vérité, il
s'avère que Dylan qui
n'avait pas des tonnes de choses
à dire le disait bien.
Avec en plus quelques belles
mélodies. Même
qu'on pouvait l'écouter
sans comprendre ce qu'il disait.
Et beaucoup de thèmes
positifs et sympathiques et
quelques autres où il
n'avait sûrement pas vu
la même chose que ses
fans dont beaucoup sont sans
doute devenus chauves. You kaïda.
Il manque au gentil Hugues,
ce petit côté un
peu rebelle, un rien rock et
authentique que possédait
Dylan. Du coup un truc énorme
comme "Like a rolling stone"
(nommé ici "Comme
des pierres qui roulent")
ne passe pas vraiment. C'est
le cas aussi du rigolo "Knocking
on heaven's door" devenu
"Knock knock, ouvre-toi
porte d'or". A choisir,
je préfère largement
"Dis-moi Céline".
Il y a de belles choses dans
ce double cd. "N'y pense
plus tout est bien" ("Don't
think twice it's allright"),
"Jeune pour toujours"
("Forever young"),
"Les temps changent"
("The time they are changing")
notamment. Quant à "Girl
of the north country" devenu
"La fille du nord",
il sonne un peu you kaïdi
you aïdi aïda.
La voix d'Aufray est chaleureuse
et finalement on a un album
souvent intéressant de
reprises de Dylan dont le succès
planétaire m'étonne
encore.
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l'image
du jour
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Un
jour, Dylan avait
rencontré Aufray
!

- l like
too much “Aline".
- You goures you,
Bob, me, it is "Céline".
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