ACCUEiL

disques

CHRONiQUES MUSiCALES

AUTRES

N'y pense plus
tout est bien

Hugues Aufray
Aufray Trans Dylan (1995)

 

Un jour, Hugues Aufray, petit chanteur sympa pour feux de camp, you kaïdi you kaïda, rencontre Dylan qui alors est totalement inconnu dans l'hexagone même si depuis sa notoriété n'a guère augmenté.

Dylan, c'est un chanteur qui, en peuplant ses chansons de superbes métaphores, avait réussi à subjuguer les révoltés de salon du monde entier tout en n'aimant pas être gouverné par des chauves. D'ailleurs, depuis il se balade avec une crinière pas possible à plus de quatre-vingts balais. You kaïdi.

Donc, un jour, au milieu des années 60, le brave Hugues s'arrête un peu de chanter Santiano, hisse et ho, dix huit nœuds, quatre cent tonneaux, il est fier d'y être matelot et rencontre alors le contestataire Robert Zimmerman qui se fait appeler Dylan du nom d'un poète totalement inconnu. Mais ça fait mieux que de s'appeler comme un conservateur à cheveux bien connu de cette époque et dont j'ai oublié le nom. Pour bien prouver que cette rencontre est vraie, Aufray met les photos d'époque à l'intérieur du livret très complet de ce double cd où on apprend que son pote Renaud y est venu pousser la chansonnette. Ta, ta, tan.

Alors Hugues, qui a sûrement bon goût, décide avec l'aide de Delanoé, un parolier en vogue, d'adapter Dylan. Un premier album sort. On le retrouve ici. On lui a ajouté un second avec de nouveaux titres traduits récemment et qui sont, selon le livret intérieur, d'Hugues Aufray, lui-même. Ca devient "Trans Dylan".

Bon, je l'ai écouté. C'est sympa, pas forcément guitare sèche, aïdi aïda. Et si la traduction est fidèle, on peut quand même se demander ce que plein de gens, et pas forcément que des cons, ont pu trouver dans les textes de Dylan.

En vérité, il s'avère que Dylan qui n'avait pas des tonnes de choses à dire le disait bien. Avec en plus quelques belles mélodies. Même qu'on pouvait l'écouter sans comprendre ce qu'il disait. Et beaucoup de thèmes positifs et sympathiques et quelques autres où il n'avait sûrement pas vu la même chose que ses fans dont beaucoup sont sans doute devenus chauves. You kaïda.

Il manque au gentil Hugues, ce petit côté un peu rebelle, un rien rock et authentique que possédait Dylan. Du coup un truc énorme comme "Like a rolling stone" (nommé ici "Comme des pierres qui roulent") ne passe pas vraiment. C'est le cas aussi du rigolo "Knocking on heaven's door" devenu "Knock knock, ouvre-toi porte d'or". A choisir, je préfère largement "Dis-moi Céline".

Il y a de belles choses dans ce double cd. "N'y pense plus tout est bien" ("Don't think twice it's allright"), "Jeune pour toujours" ("Forever young"), "Les temps changent" ("The time they are changing") notamment. Quant à "Girl of the north country" devenu "La fille du nord", il sonne un peu you kaïdi you aïdi aïda.

La voix d'Aufray est chaleureuse et finalement on a un album souvent intéressant de reprises de Dylan dont le succès planétaire m'étonne encore.

_____________________________________________________________________________

l'image du jour
_____________________________________________________________________________

Un jour, Dylan avait rencontré Aufray !



- l like too much “Aline".
- You goures you, Bob, me, it is "Céline".