ACCUEiL

disques

CHRONiQUES MUSiCALES

AUtRES

ll avait rêvé sa vie...

Paul Arène
Jean-des-Figues (1868)


Diantre, qui était donc ce Paul Arène ? t'es tu demandé tantôt en voyant cette couverture de bouquin quelque peu kitsch.

Eh bien, Arène fut un écrivain français du XIX° siècle aussi peu connu que le bassiste du groupe français Gimblette Funeste de dark-shoegaze metal que perso je connais à peine, c'est dire.

Paul Arène était un écrivain, non pas de Nîmes, comme auraient pu le croire quelques uns qui veulent toujours faire des jeux de mots foireux, mais de Sisteron...

Bigre, où est donc Sisteron ? pourrais-tu demander à juste raison à cette instant de cette belle chronique.

Eh bien, Sisteron se trouve là-haut au début des Alpes, enfin plus bas peut-être, ça dépend où tu habites, ami lecteur, virtuel mais néanmoins bibliophage.

Et ce détail géographique est important pour bien saisir l'oeuvre de Arène. En effet, cette belle petite ville que d'aucuns appellent à juste titre "La perle de la Haute-Provence" est le décor sur lequel s'assoit cette oeuvre dont je te parle ci-dessous, je vais d'abord à la ligne, ça fait plus aéré.

Donc Jean-des-Figues, c'est Paul Arène.

Fichtre, pourquoi donc ce curieux sobriquet me demanderais-tu derechef ?

Eh bien, tout simplement parce que, permets que je cite l'auteur :

Je vins au monde au pied d’un figuier, il y a vingt-cinq ans, un jour que les cigales chantaient et que les figues-fleurs, distillant leur goutte de miel, s’ouvraient au soleil et faisaient la perle.

C'est beau non ? On dirait du Pagnol, ou même du Daudet ou peut-être aussi du Giono !

Mais bon, heureusement quand même qu'il naquit sous un figuier, imagine que cela fut sous un néflier : Jean-des-Nèfles, ça craint un peu.

Bref, ce gentil roman est une oeuvre auto-biographique comme "Me, My voice and I" d'Axl Rose dont tu peux lire si tu veux une chronique tout à fait exhaustive ICI.

Arène aimait plus que tout son beau pays et son magnifique village et c'est en quelque sorte cela qu'il veut communiquer dans ce livre, toutes ses émotions.

Et il le fait dans une oeuvre qui n'est pas bien sûr de la grande littérature sinon tout un chacun en aurait entendu parler.

Sa syntaxe est simple mais pas forcément simpliste, parfois poétique (aux premières pages du bouquin surtout). Après ça, Jean-des-figues s'en va loin de son pays bien aimé et ça n'a que plus guère d'intérêt et on s'ennuie assez rapidement.

En fait, on sent qu'il a écrit cela "ailleurs", nostalgique et sûrement dans les tristes brumes humides hivernales parisiennes où il vécut un temps et "collabora", dit-on, à l'écriture des célèbrissimes "Lettres de Mon Moulin".

A Sisteron, sur la colline pierreuse, au pied de l'imposante citadelle est écrit sur la tombe de Paul Arène : Je m'en vais l'âme ravie, d'avoir rêvé ma vie.

C'est finalement de cela qu'il s'agit : d'un éternel romantique, sensible et rêveur qui trouva dans son cher pays un exutoire à ces quelques désillusions qui accompagnent la vie qu'il quitta tristement loin de son village natal bien aimé avec ses andrones sombres et mystérieuses, son spectaculaire rocher de la Baume, ses vieilles tours imposantes, sa belle horloge comme tout droit sortie de la renaissance italienne et ses vieilles ruelles où il aimait sûrement se perdre dans la fraîcheur d'un soir d'été.