Diantre, qui était donc
ce Paul Arène ? t'es tu
demandé tantôt en
voyant cette couverture de bouquin
quelque peu kitsch.
Eh
bien, Arène fut un écrivain
français du XIX° siècle
aussi peu connu que le bassiste
du groupe français Gimblette
Funeste de dark-shoegaze metal
que perso je connais à
peine, c'est dire.
Paul Arène était
un écrivain, non pas de
Nîmes, comme auraient pu
le croire quelques uns qui veulent
toujours faire des jeux de mots
foireux, mais de Sisteron...
Bigre, où est donc Sisteron
? pourrais-tu demander à
juste raison à cette instant
de cette belle chronique.
Eh
bien, Sisteron se trouve là-haut
au début des Alpes, enfin
plus bas peut-être, ça
dépend où tu habites,
ami lecteur, virtuel mais néanmoins
bibliophage.
Et
ce détail géographique
est important pour bien saisir
l'oeuvre de Arène. En effet,
cette belle petite ville que d'aucuns
appellent à juste titre
"La perle de la Haute-Provence"
est le décor sur lequel
s'assoit cette oeuvre dont je
te parle ci-dessous, je vais d'abord
à la ligne, ça fait
plus aéré.
Donc
Jean-des-Figues, c'est
Paul Arène.
Fichtre, pourquoi donc ce curieux
sobriquet me demanderais-tu derechef
?
Eh
bien, tout simplement parce que,
permets que je cite l'auteur :
Je
vins au monde au pied d’un
figuier, il y a vingt-cinq ans,
un jour que les cigales chantaient
et que les figues-fleurs, distillant
leur goutte de miel, s’ouvraient
au soleil et faisaient la perle.
C'est
beau non ? On dirait du Pagnol,
ou même du Daudet ou peut-être
aussi du Giono !
Mais
bon, heureusement quand même
qu'il naquit sous un figuier,
imagine que cela fut sous un néflier
: Jean-des-Nèfles,
ça craint un peu.
Bref,
ce gentil roman est une oeuvre
auto-biographique comme "Me,
My voice and I" d'Axl Rose
dont tu peux lire si tu veux une
chronique tout à fait exhaustive
ICI.
Arène
aimait plus que tout son beau
pays et son magnifique village
et c'est en quelque sorte cela
qu'il veut communiquer dans ce
livre, toutes ses émotions.
Et
il le fait dans une oeuvre qui
n'est pas bien sûr de la
grande littérature sinon
tout un chacun en aurait entendu
parler.
Sa
syntaxe est simple mais pas forcément
simpliste, parfois poétique
(aux premières pages du
bouquin surtout). Après
ça, Jean-des-figues s'en
va loin de son pays bien aimé
et ça n'a que plus guère
d'intérêt et on s'ennuie
assez rapidement.
En
fait, on sent qu'il a écrit
cela "ailleurs", nostalgique
et sûrement dans les tristes
brumes humides hivernales parisiennes
où il vécut un temps
et "collabora", dit-on,
à l'écriture des
célèbrissimes "Lettres
de Mon Moulin".
A
Sisteron, sur la colline pierreuse,
au pied de l'imposante citadelle
est écrit sur la tombe
de Paul Arène :
Je m'en vais l'âme ravie,
d'avoir rêvé ma vie.
C'est finalement de cela qu'il
s'agit : d'un
éternel romantique, sensible
et rêveur qui trouva dans
son cher pays un exutoire à
ces quelques désillusions
qui accompagnent la vie qu'il
quitta tristement loin de son
village natal bien aimé
avec ses andrones sombres et mystérieuses,
son spectaculaire rocher de la
Baume, ses vieilles tours imposantes,
sa belle horloge comme tout droit
sortie de la renaissance italienne
et ses vieilles ruelles où
il aimait sûrement se perdre
dans la fraîcheur d'un soir
d'été.