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A natural
disaster

Anathema

- 2003 -

 

11



Souviens-toi, les gars d’Anathema avaient commencé dans le black moche. Ils s’arrêtèrent vite. Ils firent bien. Ensuite, ils virèrent doom atmosphérique un chouïa prog. C'était un peu mieux, bien qu'assez téléphoné. Puis comme prévu le groupe continua sa folle course vers la musique pop.

Certes, Anathema se la jouait déjà, en ces temps anciens, avec celui-ci, nostalgique et tourmenté. A savoir : genre mélancolique, romantique, très mode d'alors, du style du mec qui rigole quand il se brûle. Mais sans grande crédibilité, juste comme pour donner une caution de sérieux ou de qualité à son oeuvre.

Les titres déroulent identiques et monocordes, comme fades et sans saveur et aussi emplis de pertinence qu'une mélodie d'Etienne Daho.

Ceux qui espéraient encore du métal dans la prestation d'Anathema durent déchanter et passer définitivement leur chemin. Ceux qui voulaient encore du rock trouveront peut-être encore un peu leur compte dans ces quelques accords de guitares à peine plus agressives que celle du guitariste de Patrick Fiori.

Bien sûr, tout cela est fort bien fait, très propre et mièvre à souhait. Les trois premiers titres rappellent beaucoup Radiohead sans le côté énervé, le chanteur qui les brise vite, les effets électroniques et les guitares saturées. Les suivants, plus mous, lorgnent vers un Cock Robin ayant quelques velléités rockeuses. Après, il y a bien un titre rock, de belle tenue mais il est quelque peu pompé sur "Sheep" du Animals de Pink Floyd. Donc, son intérêt s'en trouve pour le moins réduit.

L'album se termine par un instrumental qui mêle allègrement du Vangelis (période " Chariots Of Fire ") à du Oldfield avec un rien de Clayderman. C'est joli mais un peu lisse.

Il manque en fin de compte dans cette œuvre assez linéaire, un peu de ces aspérités qui picotent l'auditeur et font les grands albums.


Ce disque d'Anathema, c’est un peu comme une pop mélancolique qui était prête alors à être offerte en pâture à un grand nombre avide de repères. Il aurait suffi seulement aux laborieux gars de chez Anathema de couper leurs cheveux, de changer de nom, de crier un peu partout qu’ils ne faisaient pas du prog et le succès leur aurait été enfin acquis. Ils l'avaient bien mérité les bougres
!