Souviens-toi,
les gars d’Anathema avaient commencé
dans le black moche. Ils s’arrêtèrent
vite. Ils firent bien. Ensuite, ils
virèrent doom atmosphérique
un chouïa prog. C'était
un peu mieux, bien qu'assez téléphoné.
Puis comme prévu le groupe continua
sa folle course vers la musique pop.
Certes,
Anathema se la jouait déjà,
en ces temps anciens, avec celui-ci,
nostalgique et tourmenté. A savoir
: genre mélancolique,
romantique, très mode d'alors,
du style du mec qui rigole quand il
se brûle. Mais sans grande crédibilité,
juste comme pour donner une caution
de sérieux ou de qualité
à son oeuvre.
Les
titres déroulent identiques et
monocordes, comme fades et sans saveur
et aussi emplis de pertinence qu'une
mélodie d'Etienne Daho.
Ceux
qui espéraient encore du métal
dans la prestation d'Anathema durent
déchanter et passer définitivement
leur chemin. Ceux qui voulaient encore
du rock trouveront peut-être encore
un peu leur compte dans ces quelques
accords de guitares à peine plus
agressives que celle du guitariste de
Patrick Fiori.
Bien
sûr, tout cela est fort bien fait,
très propre et mièvre
à souhait. Les trois premiers
titres rappellent beaucoup Radiohead
sans le côté énervé,
le chanteur qui les brise vite, les
effets électroniques et les guitares
saturées. Les suivants, plus
mous, lorgnent vers un Cock Robin ayant
quelques velléités rockeuses.
Après, il y a bien un titre rock,
de belle tenue mais il est quelque peu
pompé sur "Sheep" du
Animals de Pink Floyd. Donc,
son intérêt s'en trouve
pour le moins réduit.
L'album
se termine par un instrumental qui mêle
allègrement du Vangelis (période
" Chariots Of Fire ") à
du Oldfield avec un rien de Clayderman.
C'est joli mais un peu lisse.
Il
manque en fin de compte dans cette œuvre
assez linéaire, un peu de ces
aspérités qui picotent
l'auditeur et font les grands albums.
Ce disque d'Anathema, c’est un
peu comme une pop mélancolique
qui était prête alors à
être offerte en pâture à
un grand nombre avide de repères.
Il aurait suffi seulement aux laborieux
gars de chez Anathema de couper leurs
cheveux, de changer de nom, de crier
un peu partout qu’ils ne faisaient
pas du prog et le succès leur
aurait été enfin acquis.
Ils l'avaient bien mérité
les bougres !